Le bras de fer est engagé depuis le début de la semaine entre les agriculteurs et le gouvernement. Critiquant la gestion de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) début décembre, le monde agricole est surtout formellement opposé au traité de libre-échange UE-Mercosur qui faciliterait l’entrée en Europe de produits sud-américains (viande, céréales, miel…). Alors que la signature du traité est prévue ce vendredi 9 janvier, et plus formellement le 12, les agriculteurs sont entrés dans Paris ce jeudi matin, chahutant à la mi-journée Yaël Braun-Pivet devant l’Assemblée nationale.

Dans le même temps, le gouvernement multiplie les annonces pour calmer leur colère. Invité de Franceinfo, le ministre chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité a tenu à rappeler que la date du 9 janvier n’était pas «la fin de l’histoire». «Vous avez les représentants permanents des pays de l’Union européenne qui vont décider s’ils acceptent la mise en route de la signature», a tenu à souligner Nicolas Forissier. Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas au bout du chemin, ça n’est pas la fin de l’histoire, c’est une étape.»

Des moyens de suspendre l’accord

Même si aucun accord n’est définitivement signé, cela n’apaise pas les agriculteurs. Le ministre chargé du Commerce extérieur a donc voulu une nouvelle fois déminer le terrain : «La France est un grand pays agricole, notre identité c’est l’agriculture», a-t-il martelé, Nicolas Forissier évoquant même un «problème d’identité essentiel». Selon lui, même si le traité UE-Mercosur a des avantages «pour beaucoup de filières, il est hors de question de sacrifier ou mettre en danger un certain nombre de filières agricoles», comme l’élevage bovin ou la volaille. «Pour l’instant il est hors de question de voter pour», a lancé Nicolas Forissier.

Pour étayer ses propos, il a d’ailleurs détaillé le long processus qui suivrait un accord, avec un vote au Parlement et la possibilité de le suspendre par la saisine de la Cour de justice européenne. Une possibilité également évoquée plus tôt par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui mettait en exergue un autre écueil : la ratification au Parlement européen. «Il n’est absolument pas acquis aujourd’hui qu’il y ait une majorité au Parlement européen», mettait-elle en avant.

Macron contre la taxe carbone sur les engrais

Certains pays sont contre, comme l’Irlande, tandis que d’autres pourraient s’abstenir. De son côté, la Commission européenne a annoncé des mesures ces dernières heures pour calmer la colère des agriculteurs : baisse des droits de douane, pesticides ou encore rallonge pour la future PAC. Emmanuel Macron a également promis sur X que la taxe carbone européenne sur les engrais serait révisée. Toutefois, il faudra passer par un vote.