La transformation est remarquable. Doté d’un nouvel espace d’accueil, d’une devanture repensée et d’une nouvelle entrée (rue Kléber), le café-théâtre du centre-ville a fait peau neuve sous l’impulsion d’une équipe menée par Benjamin Lull, comédien, prof de théâtre, metteur en scène et directeur artistique du lieu. « En quelques mois, explique-t-il, le collectif du Terrier s’est approprié ce lieu bâti sur les fondations de la 7e Vague. On met désormais tout en œuvre pour habiter et faire vivre l’espace mis à disposition par la mairie qui a fait un bel investissement en faveur du côté social et culturel du centre-ville ».

Le collectif du Terrier, ce sont douze personnes (huit artistes scéniques, un graphiste et trois membres du bureau) qui assurent la programmation, l’entretien de la salle et l’accueil du public, ainsi que la création de spectacles (théâtre, musique, chant, clown, marionnettes…).

La rénovation : un travail d’équipe

Pour en arriver là, il aura donc fallu passer par une phase importante de travaux. La rénovation du lieu, réalisée de fin juillet à fin novembre, a été « un travail d’équipe » entre la mairie et le collectif. « La Ville a financé (pour environ 140 000 euros) la réhabilitation du local adjacent qui a permis l’extension, et nous, détaille Benjamin Lull, on s’est chargé de la création du bar et de l’espace d’accueil, de la peinture des murs et du plafond de la salle de spectacle, ainsi que de la fabrication d’un meuble ».

Durant plus de quatre mois, les bénévoles n’ont pas ménagé leurs efforts. « Chacun est allé au-delà de ses compétences. Entre autres, Nemo Brundu, comédien, s’est lancé dans la comptabilité ; le régisseur, Anthony Dino, s’est beaucoup impliqué dans les travaux, tout comme Marie Caron qui a fait toute la charte graphique de la salle et a créé le site Internet ».

Le collectif a aussi pu compter sur des renforts : « Mon père, mon grand-père (qui a fait toute la partie menuiserie) et des voisins ont mis la main à la pâte », poursuit Benjamin qui n’a pas pris de congés durant l’été pour être présent au quotidien, diriger l’équipe et l’avancement du chantier.

Un résultat apprécié

Le résultat est donc bluffant. Et il ne passe pas inaperçu. « Plus qu’une curiosité, le lieu suscite un véritable intérêt : les gens s’arrêtent, tapent à la vitre, viennent discuter avec nous ». Les spectateurs venus assister aux cinq spectacles donnés depuis décembre, ont aussi salué l’évolution. « Les gens sont très contents de découvrir l’espace ; ils disent que c’est une bonne chose d’avoir dissocié l’accueil et la salle de spectacle, ils trouvent que c’est plus grand, plus aéré, plus chaleureux. Ils apprécient la devanture et le nouvel accès, plus facile, plus agréable et plus sécurisé ».

Le collectif s’engage d’ailleurs à s’impliquer dans la vie du quartier : « On encourage les spectateurs à dîner dans les restaurants de la place Perrin ou à y acheter à emporter pour manger dans la salle », ajoute Benjamin

Surtout, conclut-il, les bénévoles ont à cœur de relever le défi qu’ils se sont lancé : « L’équipe s’investit pour partager du plaisir et de la culture. On veut montrer aux fondateurs du lieu que la relève est assurée. Et on espère tenir aussi longtemps qu’eux ; on assume leur héritage, on s’inscrit dans l’ADN artistique du lieu voulu comme un théâtre-laboratoire, même si on est une bande de jeunes (le plus vieux a 32 ans) et qu’on a encore bien des choses à prouver ! »

Les rendez-vous

Vendredi et samedi (à 20 h 30), sera présentée la première création du Terrier. À savoir la pièce Sacco et Vanzetti, qui relate l’histoire de ces deux immigrés italiens aux États-Unis qui, dans les années 1920, ont été accusés d’être des terroristes anarchistes, condamnés à mort pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

« La pièce, écrite par Alain Guyard, est jouée par deux comédiens amateurs toulonnais, Patrick Renavot et Franck Suchet, membres du bureau du Terrier, précise Benjamin Lull, qui assure la mise en scène. Le spectacle représente un an de travail, incluant la fabrication des marionnettes qui animent certaines scènes. Ces marionnettes (créées par Stéphane Bault, Pascale André et moi) apportent de l’inattendu, du mouvement et une distance dans une pièce rude où il est question de condamnation à mort, de racisme et d’inégalités sociales ».

Des spectacles tous les week-ends

« J’ai apporté un peu d’humour et de cynisme au texte pour sortir de la cellule des deux prisonniers et plonger dans l’imaginaire. Le thème, ajoute Benjamin, est malheureusement proche de ce qu’on peut voir depuis quelques années en France et ailleurs. Cette histoire véhicule plein de messages, notamment l’utilisation du racisme à des fins politiques ».

Chaque fin de semaine, d’autres spectacles vont être proposés : des scènes ouvertes pour des musiciens et des clowns, des cabarets d’impro, des courts-métrages, des shows Drag-Queen/King (« pour faire découvrir ce genre artistique qui casse les codes »), des lectures de pièces ainsi que du théâtre bien sûr. Certaines soirées sont gratuites, les autres sont à 10 euros (gratuit pour les moins de 15 ans). Les réservations sont fortement recommandées pour des questions d’organisation (sur le site Internet ou par téléphone : 09.87.43.91.02.

Le programme est à retrouver sur le site https://leterrier.assoconnect.com/