L’annonce est arrivée par le biais des médias russes, jeudi 8 janvier dans l’après-midi. Laurent Vinatier, chercheur français qui avait été emprisonné par les autorités moscovites en juin 2024, a été libéré aujourd’hui.

Dans une vidéo diffusée par le FSB, les services de sécurité russes, et relayée par le journal économique Kommersant, on assiste à la sortie de prison de ce géopolitologue spécialiste de l’espace postsoviétique, qui travaillait pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits.

Laurent Vinatier avait été condamné à trois ans de prison en Russie pour avoir recueilli des informations sur l’armée et ne pas s’être enregistré en tant qu’“agent de l’étranger” (statut que le pouvoir central attribue à des personnes qui perçoivent des fonds en provenance de l’étranger pour mener des activités considérées comme politiques). Depuis août 2025, il était également poursuivi pour “espionnage”. Il risquait d’être à nouveau jugé en février 2026 et encourait cette fois jusqu’à vingt ans de prison.

Les images du FSB montrent un employé de l’établissement pénitentiaire qui lui lit la phrase suivante : “Vous êtes gracié par un décret présidentiel daté d’aujourd’hui…”, avant de lui demander de signer sa libération. Vinatier répond “merci” en russe. Il apparaît ensuite quittant l’établissement pénitentiaire et montant dans une voiture en route vers un aéroport. Quelques instants plus tard, on voit un avion atterrir : en descend le basketteur russe Daniil Kasatkin − fraîchement arrivé de France. Vinatier monte ensuite à bord du même appareil. Comme le note l’agence de presse Tass, “à en juger par les images, Vinatier a été renvoyé dans son pays à bord de l’avion qui avait amené Kasatkin”.

Comme l’explique un autre média russe, RBK, Kasatkin avait été arrêté à l’aéroport Charles-de-Gaulle en juin 2025 à la demande des États-Unis, qui l’accusent d’avoir participé à un réseau de cybercriminels ayant ciblé des entreprises et institutions américaines. L’homme est notamment soupçonné d’avoir appartenu à un réseau de pirates informatiques qui avait attaqué par rançongiciel 900 entreprises, dont deux établissements fédéraux, entre 2020 et 2022. Sa remise aux Américains avait été validée en octobre 2025 par la justice française, mais la décision n’a jamais été signée par le Premier ministre. “Grâce au travail de ses avocats, Daniil a finalement été libéré dans la nuit et s’est envolé pour Moscou”, a annoncé son avocat, Frédéric Bélot, à l’agence de presse proche du Kremlin Ria Novosti.

L’affaire Vinatier avait été évoquée publiquement en décembre 2025 lors de l’émission Les résultats de l’année avec Vladimir Poutine, rappelle l’agence Tass. Son nom avait été mentionné par un journaliste de TF1 lors d’un échange avec Vladimir Poutine, qui avait alors affirmé “n’avoir jamais entendu parler de ce dossier, tout en promettant de se renseigner”.