Par

Zoe Hondt

Publié le

8 janv. 2026 à 18h46

Lundi 5 janvier 2026, un homme de 38 ans a été jugé en comparution immédiate au tribunal de Lille (Nord) pour vol, conduite d’un véhicule en état d’ivresse et refus de se soumettre aux vérifications de l’état alcoolique. Le véhicule a été subtilisé le 1er janvier à la gare Lille Europe. L’homme est retrouvé le lendemain à Roubaix (Nord), vraisemblablement alcoolisé au volant du véhicule. Il nie les faits et donne une explication étonnante aux policiers. Détails.

Le prévenu nie et déclare avoir acheté la voiture pour 650 euros

Le 1er janvier 2026, une plainte est déposée dans un commissariat de Lille. Un homme rapporte s’être fait voler sa voiture vers 12 h 35, alors qu’il déposait son beau-frère à la gare Lille Europe. Pressé, il avait laissé les clés sur le contact. À l’aide d’une planche photographique, il identifie clairement le prévenu mais impossible pour les policiers de le retrouver immédiatement.

Le lendemain, aux alentours de 16 h à Roubaix, une patrouille de police repère un véhicule s’engageant dans une rue sans clignotant. Dans leur logiciel interne, la voiture est déclarée volée depuis la veille. Lors de l’interpellation du conducteur, son « haleine sent très fortement l’alcool » et son « état physique et intellectuel semblent altérés ». Dans la boîte à gants, les policiers retrouvent le téléphone de l’homme qui a porté plainte.

Au tribunal, le prévenu de 38 ans a du mal à se faire comprendre. Tête baissée, il semble réciter ses explications de manière décousue. Le président perd patience, s’énerve. Finalement, l’homme déclare avoir acheté la voiture pour la modique somme de 650 euros. Il dit avoir seulement bu « une bière et une petite goutte de vodka » et nie avoir refusé de souffler dans l’éthylomètre.

La défense plaide la relaxe malgré les « déclarations ubuesques » du prévenu

La victime est absente et aucun avocat ne la représente. La procureure de la République ne s’attarde pas longuement sur les faits. Selon elle, ils sont « caractérisés » et les explications du prévenu sont « peu convaincantes ». Elle requiert 8 mois d’emprisonnement ferme.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

« Ses déclarations peuvent paraître ubuesques », concède l’avocat de la défense. Pourtant, il plaide la relaxe pour les faits de vol et de conduite en état d’ivresse manifeste. Il s’appuie sur des vidéos de caméras de surveillance « au lieu, jour et horaire indiqués » par la victime. Les images sont formelles : après avoir déposé son beau-frère à la gare, l’homme remonte dans son véhicule et repart à 12 h 45. « Elles ne permettent pas de confondre » le prévenu.

Concernant l’ivresse, l’avocat déclare qu’il pourrait s’agir de « l’état naturel » de son client sans qu’il n’ait consommé d’alcool, bien que cela puisse paraître « péjoratif à son égard ». Puisque le prévenu n’a pas soufflé dans l’éthylomètre, il est impossible de savoir s’il était réellement alcoolisé. L’avocat maintient que son haleine n’est pas suffisante pour le prouver.

Malgré tout, le prévenu est reconnu coupable de tous les faits qui lui sont imputés. Le tribunal le condamne à trois mois de prison ferme.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.