« Une évacuation dans d’aussi mauvaises conditions, c’est du jamais-vu. Aucun gymnase n’a été ouvert par la préfecture pour une mise à l’abri, personne n’a été prévenu et l’opération a eu lieu en pleine journée alors que de nombreux occupants étaient partis réaliser des démarches, travailler ou étaient à l’école ! » s’offusque Camille Vega, secrétaire général du Secours populaire bas-rhinois.

Ce jeudi 8 janvier, le démantèlement du campement Krimmeri, où dormaient des dizaines de personnes sans domicile depuis plusieurs mois , a en effet eu lieu dans des conditions toutes particulières.

Les occupants pris au dépourvu

Alors que ce type d’opération se déroule habituellement au petit matin pour s’assurer que les occupants soient présents pour récupérer leurs biens, l’évacuation a cette fois eu lieu peu après 13 h. Les forces de l’ordre sont alors arrivées dans plusieurs fourgons, ont installé des rubalises et ont enjoint aux personnes présentes de quitter les lieux avec leurs affaires. Les tentes restantes ont été aplaties pour vérifier qu’il n’y restait personne.

À l’arrivée de la police, une dizaine de personnes seulement étaient présentes. Une quarantaine d’autres ont été prévenues et sont revenues dans la demi-heure. « J’ai dû quitter mon travail en catastrophe pour venir récupérer mes affaires. J’avais l’espoir aussi qu’on me proposerait une solution pour me loger », témoigne Ajab Khan, un réfugié Afghan. « J’ai une carte de séjour, un emploi, il ne me manque plus qu’un logement, mais je ne trouve pas car personne ne veut louer à un réfugié. Ma demande de logement social date de 2024 et ça n’avance pas », regrette-t-il. « Où va-t-on dormir ce soir ? » s’inquiète une autre jeune femme.





Alors que ce type d’opération se déroule habituellement au petit matin pour s’assurer que les occupants soient présents pour récupérer leurs biens, l’évacuation a cette fois eu lieu peu après 13 h.   Photo Alizée Chebboub-Courtin

Alors que ce type d’opération se déroule habituellement au petit matin pour s’assurer que les occupants soient présents pour récupérer leurs biens, l’évacuation a cette fois eu lieu peu après 13 h.   Photo Alizée Chebboub-Courtin

Un démantèlement « organisé à la va-vite »

« Nous n’avons été prévenus que lorsque la police était déjà sur place. Nous demandions une mise à l’abri dans le cadre du plan grand froid, pas un démantèlement sec organisé à la va-vite sans vraie solution d’hébergement », déplore Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge des solidarités.

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Généralement, lorsque les températures chutent , un bus est affrété et un gymnase ouvert pour permettre aux campeurs de se mettre à l’abri pour quelques jours. Sur place, leurs droits sont étudiés, puis ils sont orientés vers un logement provisoire, vers le centre d’aide pour le retour (CAPR) de Bouxwiller ou retournent à la rue.

Cet après-midi, il a simplement été proposé à quelques personnes de rejoindre le CAPR, une option souvent refusée par des migrants qui espèrent encore pouvoir régulariser leur situation et ne veulent pas quitter le territoire. « Les campeurs sont partis dans la rue chargés de leurs sacs. Ils vont rejoindre les autres campements ou revenir. Cette action n’a servi qu’à les précariser davantage », prévoit le secrétaire général du Secours populaire.


La préfecture n’ouvre aucun gymnase





Après le départ des forces de l’ordre vers 15 h 15, des hommes, des femmes et des enfants du camp tentent de récupérer encore quelques affaires au milieu des tentes affaissées.   Photo Alizée Chebboub-Courtin

Après le départ des forces de l’ordre vers 15 h 15, des hommes, des femmes et des enfants du camp tentent de récupérer encore quelques affaires au milieu des tentes affaissées.   Photo Alizée Chebboub-Courtin

Sur place également, Maxime Ahrweiller-Adousso, la secrétaire générale de la préfecture du Bas-Rhin, rappelle que cette expulsion fait suite à une demande de la Ville et à une décision du tribunal administratif jugeant les conditions de vie sur place dangereuses et insalubres et autorisant une intervention à partir du 8 décembre. « Avec le marché de Noël , nous n’avions pas assez de personnel, c’est pour cela que nous avons attendu jusqu’à aujourd’hui », explique-t-elle. « Nous avons déjà mis à l’abri cet hiver 80 personnes ayant des droits. Ceux qui restent sont orientés vers le CAPR ou la préfecture. S’ils refusent, c’est leur choix », assène-t-elle

Après le départ des forces de l’ordre vers 15 h 15, des hommes, des femmes et des enfants du camp tentaient encore de récupérer quelques affaires au milieu des tentes affaissées.