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Rédaction Paris

Publié le

8 janv. 2026 à 20h59

Les deux parents, de nationalité roumaine, sont soupçonnés d’avoir permis à un homme de nationalité française d’abuser de leur fille de 12 ans contre rémunération. Ils avaient même mis en examen pour ces faits à Paris en 2023. Mais le chef de traite d’être humain qui avait un temps été retenu a finalement fait l’objet d’un non-lieu, selon les informations communiquées ce jeudi 8 janvier 2026 par une source judiciaire à l’AFP, précisant que les investigations n’ont pas permis d’établir « un but d’exploitation sexuelle ».

600 000 euros versés entre 2012 et 2023

Le procès de ces parents et de l’agresseur présumé aura lieu devant le tribunal correctionnel mais pour seulement deux chefs d’accusations : agression sexuelle et complicité d’agression sexuelle.

C’est en février 2023 que l’alerte avait été donnée : le directeur d’un cinéma de Paris avait alerté la police après avoir observé un homme embrasser sur la bouche une enfant et lui caresser la poitrine et les cuisses. La scène se déroulait alors devant les parents de l’enfant. Selon des éléments de l’enquête consultés par l’AFP, une salariée du cinéma évoque aussi un « baiser langoureux ».

L’homme, un Français de 70 ans, était interpellé. La mère, une Roumaine de 27 ans, aussi. Le père, lui, fuyait mais était arrêté en Roumanie en mars 2023. Les investigations ont révélé plus de 600 000 euros versés depuis 2012 par l’informaticien retraité à la famille roumaine.

Des recherches pédocriminelles sur Internet pour le « grand-père français »

De nombreuses photos étaient ensuite retrouvées dans le téléphone du retraité : envoyées par la mère au « grand-père français », elle montrait la fillette dans des poses « suggestives », selon les mots des enquêteurs. Son ordinateur contenait des recherches pédocriminelles sur des sites pornographiques.

Toutefois, les soupçons des policiers se sont heurtés aux réfutations constantes des mis en cause concernant ces « dons » financiers. « Le caractère ‘trop’ généreux » du suspect a été souligné par son entourage, a par ailleurs noté la juge d’instruction, demandant un non-lieu concernant la traite d’être humain aggravée.

Cette « qualification pénale d’une gravité extrême » a conduit à l’incarcération du suspect alors qu’elle était « manifestement en décalage avec les éléments du dossier », a souligné l’avocate du retraité, Me Margaux van der Have, contactée par l’AFP. Son client comparaîtra libre, pour agression sexuelle sur mineure de 15 ans. Des accusations qu’il conteste.

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Il a assuré que ses baisers n’avaient aucune intention sexuelle et qu’il imitait une coutume roumaine, d’après des éléments de l’enquête. Les parents doivent eux comparaître pour complicité d’agression sexuelle, accusés d’avoir assisté à « ces gestes sexuels sans réagir ». La mère « se réjouit » de constater que la justice a écarté « définitivement les accusations les plus infamantes à son égard », a réagi son avocat, Me Romain Boulet. Il s’agit « d’une bonne mère et je suis certain que le tribunal lèvera les derniers soupçons qui pèsent sur elle au moment du procès », a-t-il insisté.

Avec AFP.

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