L’armée russe continue parallèlement de bombarder l’Ukraine, ciblant notamment ses infrastructures énergétiques : plus d’un million d’habitants des zones centrales de son territoire ont été privés jeudi d’eau et de chauffage, par des températures extrêmement basses, après des frappes nocturnes de drones.
Toutes ces unités et ces installations seront considérées comme des cibles militaires légitimes pour les forces armées de la Russie »
Fait peu fréquent, l’ambassade des États-Unis à Kiev a mis en garde jeudi soir sur une possible attaque russe aérienne « d’importance » en Ukraine ces prochains jours. Une alerte relayée par le président Volodymyr Zelensky. Évoquant le dispositif militaire proposé par les Européens, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a pour sa part averti : « Toutes ces unités et ces installations seront considérées comme des cibles militaires légitimes pour les forces armées de la Russie. » Cette dernière a dénoncé les « déclarations militaristes » des soutiens européens de Kiev, estimant que ceux-ci constituaient un « axe de la guerre » après le sommet de Paris qui a réuni mardi les pays membres de la Coalition des volontaires, essentiellement européens.
Dissuasion ou escalade ?
L’Ukraine, qui fait face à une offensive russe de grande ampleur depuis 2022, s’est vu promettre des garanties de sécurité dont la mise en place d’une force multinationale devant dissuader Moscou d’attaquer à nouveau après la conclusion d’une paix qui reste jusqu’à présent hypothétique. Le Royaume-Uni et la France ont signé à cette occasion une déclaration d’intention avec l’Ukraine, dans laquelle ils se disent prêts à déployer des soldats britanniques et français en cas de cessez-le-feu.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a admis ce jeudi que la mise en œuvre des garanties de sécurité promises à l’Ukraine était « impossible sans le consentement de la Russie, dont nous sommes probablement encore assez loin ». Les États-Unis n’ont pour leur part pas été signataires de la déclaration dans la capitale française et les aspects précis de leur engagement militaire restent encore flous.
L’attente du feu vert américain
Volodymyr Zelensky a toutefois annoncé ce jeudi que le document sur les garanties de sécurité offertes par Washington à son pays était « pratiquement prêt » à être soumis pour approbation à Donald Trump. La veille, le chef de l’État ukrainien avait regretté n’avoir « pas reçu de réponse claire » de la part de ses alliés européens sur la manière dont ils réagiraient concrètement en cas de nouvelle attaque russe après la fin des hostilités déclenchées en 2022.
Le président ukrainien a en outre affirmé que l’Ukraine devait maintenir pour assurer sa sécurité une armée de 800 000 hommes, soit deux fois plus grande que celles de la France et du Royaume-Uni combinées, et « dotée d’armes adéquates ». Sur le terrain, à la suite de nouvelles frappes russes, plus d’un million de foyers de la région de Dnipropetrovsk, dans le centre de l’Ukraine, se sont retrouvés jeudi sans eau et sans électricité, selon les autorités, qui ont ensuite annoncé le rétablissement d’une partie du réseau. Trois personnes ont par ailleurs été tuées dans une série de bombardements russes sur la région de Kherson, dans le Sud, ont déploré des responsables locaux, tandis qu’au moins 13 personnes ont été blessées dans des tirs de missiles à Kryvyï Rig (centre), a fait savoir la Première ministre Ioulia Svyrydenko.
Impasse diplomatique et avancées russes
Depuis le dévoilement fin novembre d’un plan de paix proposé par Washington, les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale se sont intensifiés, essentiellement entre Kiev et les Occidentaux. La Russie continue de son côté d’exiger le retrait des forces ukrainiennes de 20 % de la région orientale de Donetsk qu’elles contrôlent encore et un engagement juridiquement contraignant de l’Ukraine de non-adhésion à l’Otan.