L’interview accordée à VSD en 1988, en pleine campagne présidentielle, marque un tournant dans la publicité que François Mitterrand accepte de faire de sa pratique. « Je le vois comme une opération de communication », analyse Patrick Clastres. « C’est un clin d’œil à un certain électorat, car dans le cadre de sa réélection il chercher à rassembler. Le golf a débuté sa descente vers ses classes moyennes, donc il se montre en golfeur, tout comme Valéry Giscard d’Estaing s’était montré en tennisman quelques années auparavant. Par ailleurs, il y a déjà des bruits qui courent à cette époque sur son état de santé, sa supposée fragilité, et là il montre que malgré son âge il continue à avoir une pratique sportive. »

Au-delà des stratégies de communication, l’amour de François Mitterrand pour le golf reste toutefois incontestable. Lorsqu’il revient en vacances dans les Landes, le chef de l’État ne manque jamais de fouler les fairways du golf d’Hossegor. «  Il a joué tard, jusque vers la fin de sa deuxième présidence », se remémore Christophe Raillard. « Il avait un service d’ordre réduit autour de lui, deux ou trois personnes qui marchaient dans les bois, et exigeait très peu par rapport à son statut de président : une partie vide devant et une derrière, histoire d’être tranquille. Un jour – ça devait être au début dans les années 90 – il est venu jouer avec mon oncle et un autre ami, André Rousselet. Suivaient la partie : Pierre Bérégovoy et Helmut Kohl, qu’il avait dû recevoir à Latche. Et ça s’était fait avec la même simplicité ! » Même son cancer, révélé au grand public en 1992 à la suite d’une opération chirurgicale, mais connu de lui dès 1981, n’aura donc eu raison de sa passion.