Un Championnat de France de cyclo-cross à Troyes ne pouvait pas se dérouler sans que Joris Delbove ne soit sur la ligne de départ. Alors ce week-end, le coureur de TotalEnergies sera en effet de la partie, à domicile, pour tenter de décrocher le maillot bleu-blanc-rouge. « À la maison, forcément, c’était une motivation en plus. L’année dernière par exemple, je n’avais pas trop envie de me remettre dedans, j’en ai fait quelques-uns, mais je n’avais pas envie de me prendre la tête. Cette année, j’avais envie de refaire une saison sérieuse, ça m’aide dans ma préparation, j’ai besoin du cross l’hiver. Certes, c’est un peu lié au France à Troyes, mais j’en avais envie quoi qu’il arrive », détaille-t-il.

S’il n’a pas fait un hiver dense dans les sous-bois, Joris Delbove a quand même accéléré l’allure ces derniers temps. « J’ai fait un bon bloc après le stage, j’ai fait Béthune mais ça n’allait pas trop, c’était la sortie de stage sans rythme. Mais après j’ai bien enchainé, avec le samedi, le dimanche, puis le jeudi, et de nouveau le dimanche. Donc ça fait quatre cross en neuf jours ». Histoire de retrouver les bonnes vieilles habitudes. « C’est plutôt pas mal, c’est un gros enchainement pour travailler le rythme et la technique, tout ce qui est relance, et faire monter le cœur qui avait du mal. Ça fait du bien ».

« JE N’AURAIS PAS FAIT UNE TELLE PRÉPA SI JE NE ME SENTAIS PAS CAPABLE DE GAGNER »

Ainsi, Joris Delbove est dans un état d’esprit positif à l’approche de l’événement. « Pour l’instant ça va bien, je me suis rassuré, on verra samedi au relais les sensations puis dimanche sur la course ». Lors de sa préparation en route, l’ancien vainqueur du Tour Alsace a même senti une progression. « Physiquement je me sens bien, au stage j’avais des datas bien meilleures que l’an passé, j’ai fait une plus grosse prépa. Je me sens bien sur le vélo, je sens que je suis là. Je n’ai pas gagné avant le France mais je suis au niveau pour faire un bon résultat ».

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Joris Delbove a de l’ambition. « L’objectif est de gagner à la maison. Je n’aurais pas fait une telle prépa si je ne me sentais pas capable de gagner, en plus c’est beaucoup plus ouvert ». Notamment avec les absences de Clément Venturini et Joshua Dubau. « Après il faut être réaliste, si je fais un podium, ce sera déjà super », tempère-t-il. Quoi qu’il en soit, un grand résultat ne changera pas la suite de son hiver. « Je ne veux pas retarder ma saison route, c’est super d’aller faire la Coupe du Monde et le Championnat du Monde, mais pour faire 20e ça ne m’intéresse pas ».

« PAR MOMENTS, ÇA ME MANQUE UN PEU »

Quel que soit le résultat, le natif de Troyes va profiter d’un bain de foule et de retrouvailles avec une organisation qu’il connait bien. À une époque où il n’était pas encore professionnel, il mettait même la main à la pâte. « Je vais toujours les voir. Lundi j’ai été voir un peu le parcours, je ne plante pas les piquets non plus mais je l’ai déjà fait. Je suis un peu plus sérieux, plaisante-t-il. Mais j’aime bien les voir. Je m’entrainais avec certains d’entre eux quand on était plus jeunes, ça fait plaisir, les anciens sont contents etc. Les gens ici sont autour de moi et Robin Drujon en Cadet. Je suis moins là donc c’est normal d’aller les voir ». Loin des sous-bois, Joris Delbove n’oublie pas cette discipline de cœur. « Par moments, ça me manque un peu. Sur la route, on s’ennuie parfois. Au cross, tout est intensif, tu peux être premier puis 10e au virage après. C’est stressant, il y a l’enjeu, j’aime bien ça. Et ça se joue à la pédale ».

Sur la route, parfois la décision se fait aussi à la pédale, comme au Tour du Rwanda où il a gagné une étape, et au Tour de Langkawi avec une étape et le général. « Je suis content de ma saison, elle a été assez complète, je n’ai pas eu de moments où ça n’allait pas trop. J’ai toujours été là quand il fallait aider Steff (Cras) ou Jordan (Jegat), et même dans les sprints. Quand j’ai eu ma carte, j’ai montré que je pouvais être là. Surtout avec le Langkawi à la fin ». Maintenant, Joris Delbove espère franchir un cap supplémentaire. « L’objectif serait de regagner mais en Europe, soit sur une Coupe de France, soit sur une belle course européenne. Le but est de faire les plus grandes courses, le Tour, le Dauphiné, Paris-Nice etc. C’est à moi de montrer que je peux ». Et la première occasion sera à l’AlUla Tour, pour lancer 2026.