Le chef de l’État a reçu jeudi les responsables des diverses forces politiques ainsi que les présidents des chambres parlementaires, deux jours après une réunion de la «coalition des volontaires» sur les garanties de sécurité apportées à l’Ukraine.
Emmanuel Macron a réuni jeudi en fin de journée les responsables des forces politiques représentées au Parlement pour faire un point sur la situation en Ukraine et leur présenter les «garanties de sécurité» promises par les Européens à l’Ukraine en cas de cessez-le-feu. Parmi les sujets au cœur des discussions : le possible déploiement par la France, dans le cadre d’une force multinationale, de «plusieurs milliers d’hommes», comme l’a esquissé le chef de l’État mardi à l’issue d’une réunion de la «coalition des volontaires».
Cette réunion en «format Saint-Denis» – déjà utilisé par le président de la République par le passé – était présentée par l’Élysée comme une manière d’associer les diverses forces politiques, y compris le Rassemblement national et La France insoumise, aux discussions en cours sur l’avenir de l’Ukraine et de la sécurité européenne. Emmanuel Macron a surtout relaté à ses invités les avancées du sommet de mardi. «Il n’a rien dit qui n’était pas déjà sur la place publique», remarque un participant.
Vers un débat parlementaire ?
Le président du Sénat, Gérard Larcher – convié comme son homologue de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet – a réclamé au chef de l’État un débat au Parlement en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, alors que la question d’un vote sur l’engagement de troupes pourrait se poser le moment venu.
Marine Le Pen, patronne des députés RN présente aux côtés du président du parti, Jordan Bardella, a demandé des précisions sur le degré d’engagement de Donald Trump, qui souffle le chaud et le froid sur le soutien à l’Ukraine, même si des émissaires du président américain ont promis mardi un «soutien» à la force multinationale.
Mathilde Panot, patronne des députés LFI, a vertement reproché à Emmanuel Macron de n’avoir pas condamné ni critiqué, dans sa première réaction, la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par l’armée américaine. Elle a aussi fait un dégagement sur le Mercosur, en rappelant que tous les groupes au Parlement rejetaient cet accord commercial auquel le chef de l’État prévoit de s’opposer vendredi au niveau européen, sans conséquence sur sa signature.
À l’issue de la réunion, l’élue du Val-de-Marne a fait savoir que les Insoumis ne sont «pas d’accord (pour) que des soldats français puissent être déployés dans ces conditions» et réclamera un «mandat de l’ONU» lorsque la question se posera. «Il n’y a aucune raison de faire confiance à Donald Trump», a-t-elle ajouté au sujet du soutien militaire des États-Unis à ces troupes, rejoignant la ligne de la patronne des Écologistes, Marine Tondelier. «Il ne faudrait avoir aucune naïveté dans les paroles (du président américain) qui a une versatilité qui est quand même assez à ses records», a-t-elle indiqué.
Plusieurs figures politiques étaient absentes de la réunion, retenues par d’autres obligations : le patron des députés Les Républicains Laurent Wauquiez, le président du MoDem François Bayrou, le président de l’UDI Hervé Marseille, ou encore Edouard Philippe, bloqué au Havre par la tempête qui frappe les côtes normandes.