- Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 8 janvier, le vote de la France « contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur ».
- Malgré des concessions « incontestables » de Bruxelles, le chef de l’État a invoqué un « rejet politique unanime » pour un traité « d’un autre âge ».
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Emmanuel Macron a choisi de dire « non » au Mercosur. Malgré les concessions « incontestables » de Bruxelles, la France votera « contre » l’accord commercial (nouvelle fenêtre) entre l’Union européenne et le marché commun sud-américain.
« Le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord, comme l’ont clairement montré les récents débats à l’Assemblée nationale et au Sénat », a écrit le président de la République dans un communiqué (nouvelle fenêtre) annonçant sa décision, jeudi 8 janvier, après en avoir informé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi 9 janvier pour une signature avec le bloc latino-américain la semaine prochaine.
Un traité qu’il qualifie « d’un autre âge »
Face à cette équation, Emmanuel Macron, qui évoque un traité « d’un autre âge » à l’impact limité, a fait le calcul politique qu’il valait mieux aller dans le sens des opposants pour préserver son Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui cherche toujours à faire adopter un budget pour 2026.
« Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040 selon la Commission). Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire », a-t-il estimé.
Il a toutefois salué les « avancées » obtenues : « une clause de sauvegarde spécifique », sorte de « frein d’urgence » sur les importations agricoles des pays latino-américains du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe, mais aussi des « mesures de réciprocité sur les conditions de production », et des « contrôles » renforcés.
L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire
Emmanuel Macron, président de la République
« Plusieurs de ces progrès doivent encore être finalisés, la France y veillera », a promis le chef de l’État, qui s’est félicité d’autres « engagements majeurs de la Commission européenne », sur le montant du budget futur de la Politique agricole commune (PAC) et sur les prix des engrais. « L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire », a assuré Emmanuel Macron. « Je continuerai de me battre pour la pleine mise en œuvre concrète des engagements obtenus (…) et pour protéger nos agriculteurs. »
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Le « non » français au Mercosur s’ajoute à ceux de l’Irlande, de la Pologne ou de la Hongrie. Mais la position de la France ne devrait cependant pas empêcher la Commission européenne d’obtenir le feu vert d’une majorité d’États membres lors du vote à la majorité qualifiée, vendredi à Bruxelles.
Y.R. avec AFP
