A l’ombre des plus prestigieuses institutions, comme l’école des Arts Décoratifs ou les Beaux-Arts de Paris, la France est maillée d’écoles territoriales dont certaines héritent d’une tradition plus de bicentenaire.

Mais la parenthèse qui a souhaité démocratiser les carrières artistiques pour tous semble doucement se refermer. Présentée comme trop nombreuses, voire comme anachroniques par certaines collectivités, ces écoles se voient rattraper par des impératifs de performance et des restrictions budgétaires qui fragilisent l’existence de certaines d’entre elles. Eric Jourdan, directeur de l’Esadse à Saint-Etienne, rappelle qu’il faut quand même expliquer tous les ans ce qu’on fait dans cette école (…) une école d’ingénieurs ou de marketing, c’est facile à défendre car on voit tout de suite ce que cela va produire. (…) Nous il faut convaincre chaque année”.

En diversifiant leurs filières, notamment avec de l’alternance, les écoles d’art montrent sur tout le territoire leur souci d’employabilité pour leurs étudiants : “Je ressens une anxiété diffuse chez les étudiants plus grande qu’à mon époque” explique le professeur Thierry Froger aux Beaux-Arts de Nantes, “ils sont plus préoccupés par l’après-école”.

Mais, alors quel rôle ces écoles et leurs étudiants entendent prendre dans la société à venir et à construire ? Et si une partie des solutions de nos crises environnementales et sociales se trouvaient dans les ateliers de ces écoles ?

Un documentaire de Bruno Benquey, réalisé par Agnès Cathou.

Merci à,

Rozenn le Merrer, directrice des Beaux Arts de Nantes-Saint Nazaire

Eric Jourdan directeur de l’école supérieure d’art et de design de Saint-Etienne

Ulrika Byttner, directrice de l’école Supérieur d’Art et de Design Le Havre – Rouen, co-directrice de l’Association nationale des écoles supérieurs d’art

Cédric Loire, professeur à l’école supérieur de Clermont-Métropole et co-directeur de l’Association nationale des écoles supérieures d’art

Jérôme Dupeyrat, professeur à l’institut supérieur des Arts de Toulouse et membre du Snead-CGT

Simon Muller, maître-verrier à Nantes,

Gregory Granados, designer et professeur à Saint-Etienne

Elen Gavillet, designer et professeure à Saint-Etienne,

Frédéric Malette, artiste et professeur à Nantes

Thierry Froget, écrivain et professeur à Nantes

Merci aux personnels et aux étudiants rencontrés aux Beaux-Arts de Nantes et à l’Esadse de Saint-Etienne, et tout particulièrement à Yalhma Robette, Mathilde Garcia, Hélèna Clade, Nivine El Hachaoui, Adèle Pradère, Noémie Guillaume.