Par
Anaëlle Petit
Publié le
8 janv. 2026 à 17h23
Alors que de nombreux cabinets médicaux de Toulouse affichent portes closes en raison de la grève nationale depuis ce lundi 5 janvier, des médecins dans les maternités privées ont à leur tour décidé de prendre part au mouvement. Tous dénoncent des mesures du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. Les futures mamans qui doivent accoucher seront envoyées ailleurs. Voici où.
Aucun accouchement n’aura lieu
La clinique Rive Gauche fait partie de ces maternités qui ont rejoint le mouvement de grève nationale des médecins libéraux.
L’ensemble des gynécologues de la clinique poseront leurs blouses et cesseront leur activité du 10 au 14 janvier. C’est pourtant l’une des structures privées de référence à Toulouse, accueillant près de 4 000 naissances par an.
Les rendez-vous prévus ce jeudi 8 et vendredi 9 janvier 2026 sont maintenus, mais aucun accouchement n’aura lieu à partir du 10 janvier.
Une notification dans la messagerie Doctolib
Les futures mamans suivies par la clinique ont été alertées de la situation par une notification dans la messagerie Doctolib.
« Nous tenions à vous informer que l’établissement sera fermé du 8 au 14 janvier 2026. En cas de besoin, vous pouvez contacter le CHU Paule de Viguier à Purpan ». peut-on lire.
« C’est inacceptable »
« Quand j’ai vu ça, j’ai été choqué, ça me rajoute de l’angoisse et de l’incertitude. En fin de grossesse, on n’a pas besoin de ça », déplore Laure, 35 ans.
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Elle a été suivie durant toute sa grossesse par la clinique Rive Gauche. Son terme est prévu pour le 28 janvier, elle ne sait pas si elle pourra accoucher à l’endroit prévu avec les médecins qu’elle a déjà rencontrés.
« On ne peut pas demander à des futures mamans d’aller accoucher dans un endroit inconnu, où leur dossier est inconnu… c’est inacceptable », ajoute-t-elle.
« Cinq jours de difficulté pour assurer les années futures »
Les professionnels en grève dénoncent certains articles du PLFSS 2026. Ils demandent notamment à être pris en compte dans la fixation des tarifs de consultation et de dépassements d’honoraires, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.
Pour eux, c’est essentiel afin de maintenir des consultations à un prix accessible pour les patientes.
« C’est cinq jours de difficulté pour assurer les années futures. On se bat pour nous, mais surtout pour nos patientes, pour que le tarif puisse rester juste », explique le Dr. Thiebaugeorges, gynécologue à la clinique Rive Gauche.
Un plan d’adaptation
Au CHU de Purpan, la situation avait été anticipée à l’avance avec un plan d’adaptation. La maternité a pu rapidement mettre en place des salles d’accouchement supplémentaires et augmenter le volume des lits de naissance. Les moyens humains ont aussi été revus à la hausse.
Pour cette situation exceptionnelle, un plan blanc de niveau 1 est déclenché sur l’ensemble des services du CHU impactés par la grève, la maternité en faisant partie.
« On a eu un énorme élan de solidarité spontané chez nos sages-femmes. Elles se sont mobilisées. Et l’ordre des sages-femmes libérales aussi d’ailleurs ». indique le Pr. Guerby.
« On ne pourra pas gérer tout le volume annoncé »
Le CHU peut aussi compter sur la clinique Ambroise Paré, qui n’a pas annoncé de grève, ou sur les établissements publics en périphéries comme Lavaur ou Montauban. Ils sont en support pour prendre en charge les femmes qui viennent accoucher.
« On fait notre maximum pour les accueillir dans les meilleures conditions. Mais c’est certain qu’au bout d’un moment, on ne pourra pas gérer tout le volume annoncé ». Habituellement, la maternité du CHU encadre environ 15 naissances par jours sur les 40 à 45 en moyenne dans la grande agglomération toulousaine.
« Ce sont les médecins qui décident »
La situation risque de prendre de l’ampleur ces prochains jours. La clinique Croix du Sud ainsi que la clinique de l’Union pourrait à leur tour rejoindre le mouvement de grève dès ce week-end.
Le groupe Ramsay Santé précise toutefois que « ce sont les médecins qui décident de faire grève ou non. Certes les cliniques soutiennent le mouvement, mais ce ne sont pas leur initiative » et ajoute que « la prise en charge des soins urgents et/ou ne pouvant être reportés sans risque pour le patient reste assurée » .
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