Selfie de Perseverance daté du 23 juillet 2025 (mosaïque).

Selfie de Perseverance daté du 23 juillet 2025 (mosaïque).

© NASA/JPL-Caltech

C’était l’une des missions phares du Rover Perseverance sur Mars : ramener, pour la toute première fois, des prélèvements du sol martien afin de les étudier sur Terre et de trancher enfin la question d’une vie passée sur la planète rouge. Mais le budget pour la Nasa proposé par le Congrès, pourtant bien supérieur à celui voulu par l’administration Trump, ne laisse que d’insuffisantes miettes au Mars Sample Return.

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Voici les échantillons déposés sur le sol martien par Perseverance.

Voici les échantillons déposés sur le sol martien par Perseverance.

© NASA/JPL-Caltech (traitement : Thomas Appéré)

Montage des tubes de prélévements déposés sur le sol martien.

Montage des tubes de prélèvements déposés sur le sol martien.

© NASA/JPL-Caltech

650 millions au lieu de 11 milliards pour MSR

Ce sont donc les réalités comptables qui vont probablement mettre un terme à l’espoir de voir, un jour, les 35 échantillons prélevés dans la roche et le régolithe martien être étudiés dans nos laboratoires terrestres, bien plus puissants que les instruments embarqués par le rover. 650 millions de dollars restent alloués pour MSR, mais qui ne suffiront en rien à le mener à bien tel que prévu, alors qu’il en fallait 11 milliards environ.

La proposition de budget vient de franchir l’épreuve de la Chambre des représentants et n’a plus qu’à être validée par le Sénat.

Le budget proposé à la Nasa n'est inférieur que de 1,5% à celui de l'année précédente, loin des 25% demandés par Trump.

Le budget proposé à la Nasa n’est inférieur que de 1,5% à celui de l’année précédente, loin des 25% demandés par Trump.

© X

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Un programme jugé “inabordable” par l’équipe de Donald Trump

Illustration montrant la complexité du projet MSR.

Illustration montrant la complexité du projet MSR.

© NASA

Pour comprendre le fiasco, il faut regarder les chiffres. MSR, c’est une usine à gaz technologique : un atterrisseur, une fusée de remontée (une première sur Mars), un rendez-vous orbital et une capsule de retour. Il y a un an déjà, nous vous informions des risques de voir la mission laissée de côté. Trop complexe, trop cher, trop lent. L’administration Trump a tranché : ce programme est “inabordable”. Le projet était d’ailleurs un partenariat avec l’Esa, l’agence européenne, qui a déclaré ne pas pouvoir continuer seule.

En coulisses, le pivot est brutal. On ne parle plus d’exploration scientifique d’État, mais de “services commerciaux”. La NASA est sommée de passer la main au privé (SpaceX ou Blue Origin) pour faire baisser les coûts. Problème : personne n’est prêt à récupérer les échantillons aujourd’hui sans une rallonge budgétaire colossale. Résultat, les tubes de Perseverance risquent de prendre la poussière martienne pour les vingt prochaines années.

L’autoroute rouge pour la Chine et Tianwen-3 ?

Avec l’annulation de MSR, la mission chinoise Tianwen-3, prévue pour un lancement vers 2028-2030, devient mécaniquement la favorite pour le titre de “Première mondiale”.

Pékin a une stratégie simple, héritée de ses succès lunaires : moins de fioritures, plus de pragmatisme. Si la Chine parvient à ramener du régolithe martien avant 2030, l’humiliation diplomatique sera totale pour les États-Unis. On voit que la Chine challenge désormais réellement les Américains, à la fois sur le retour habité sur la Lune et sur des missions purement scientifiques mais prestigieuses, comme ce décidément compliqué retour d’échantillons martiens.

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