Par

Anthony Soudani

Publié le

9 janv. 2026 à 11h18

Salima, Lila et Safia* vivent sans domicile fixe avec leurs enfants. Ces femmes algériennes n’ont pas de toit depuis leur arrivée en France. Parfois mises à l’abri dans des écoles, chez des maîtresses ou dans des hébergements d’urgence, ces familles vivent au jour le jour à Lyon. Elles ne désirent qu’une chose : « On veut juste avoir un logement pour mettre nos enfants à l’abri et trouver du travail. »
Ces trois femmes témoignent jeudi 8 janvier auprès d’actu Lyon.

Salima et sa famille ont dormi dans une école pendant un an et demi

Toutes sont venues en France en 2024 pour la même raison : fuir l’Algérie où elle ne croit plus au système éducatif pour bien élever leurs enfants. Elles avaient ici l’espoir de rebondir, mais cela n’a pas été le cas. En étant en situation irrégulière, sans papiers, elles se sont vite retrouvées le bec dans l’eau.

Salima, celle qui s’exprime le mieux en Français, nous raconte son histoire. « Je suis arrivée le 23 juillet 2024, seule avec mes deux enfants. Je suis restée chez une amie puis j’ai dû partir à un moment donné. J’ai demandé au collectif Jamais sans toit et aux maîtresses de mes enfants de l’aide. Ils m’ont proposé de dormir à l’école. »

Salima vit sans domicile fixe à Lyon avec ses deux enfants âgés de 8 et 11 ans.
Salima vit sans domicile fixe à Lyon avec ses deux enfants âgés de 8 et 11 ans. (©Anthony Soudani / actu Lyon)

Salima et ses enfants ont dormi à l’école Audrey-Hepburn dans le 9e arrondissement du 27 septembre 2024 jusqu’au 19 décembre 2025, soit près d’un an et demi. « Pendant les vacances de Noël, j’ai dormi dans l’hôtel payé par la maire dans le 8e arrondissement de Lyon », précise-t-elle.

« Je ne sais pas où je vais dormir ce soir »

Désormais, elle n’a plus de solution si ce n’est appelé le 115 pour être mis à l’abri avec ses enfants de 8 et 11 ans dans un hébergement d’urgence la nuit. « J’ai dormi avant-hier dans un gymnase et hier chez une maîtresse. Je ne sais pas où je vais dormir ce soir. »

Les trois femmes passent la journée avec leurs affaires dans un sac dans l’espoir de trouver un endroit où dormir. « Elles n’ont qu’une envie c’est avoir un logement et travailler. Elles ne demandent qu’à travailler dans les métiers en tension mais elles ne peuvent pas. Elles sont bloquées. Sinon c’est au noir mais c’est trop risqué », assure Juliette, membre du collectif Jamais sans toit.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire
« 84 enfants à la rue à Lyon »

La militante dresse un constat préoccupant : « Il y avait 137 personnes dont 84 enfants à la rue avant les vacances scolaires à Lyon. Nous recensons 315 enfants sans solution d’hébergement dont 22 bébés et 84 mères isolées dans toute la métropole. C’est trois fois plus qu’en janvier 2022. »

Juliette réclame l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement d’urgence. Pourtant, dans le cadre du plan Grand Froid activé le 29 décembre, la préfète du Rhône a récemment transformé les gymnases de Rosset (Lyon 7) et Chanfray (Lyon 2) en centres d’hébergement d’urgence pour accueillir et mettre à l’abri les personnes vulnérables.

La capacité d’hébergement a même été augmentée de 30 places afin de pouvoir accueillir 250 personnes au total.

Mais pour le collectif Jamais sans toit, c’est toujours insuffisant… « Ces femmes aimeraient travailler sur l’obtention de leurs papiers et avoir un boulot mais c’est secondaire par rapport à quand on pense mettre ses enfants à l’abri. »

*Leurs prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.