Le Royaume-Uni doit investir de façon « agressive » dans ses programmes télévisés et radio diffusés auprès d’une audience internationale s’il veut espérer contrer la désinformation à laquelle se livrent des « acteurs malveillants », a plaidé jeudi le directeur général démissionnaire de la BBC. Tim Davie, en poste depuis 2020, va quitter ses fonctions après le scandale lié à un montage vidéo trompeur d’un discours de Donald Trump. Auditionné jeudi par une commission parlementaire, il a appelé à renforcer le financement du BBC World Service, qui diffuse des programmes d’information dans des dizaines de langues pour des publics internationaux. Les pays occidentaux sont, selon lui, engagés dans une « bataille pour la maîtrise du récit » face à des adversaires comme la Chine et la Russie. « Des acteurs malveillants » tentent, depuis plusieurs décennies, de « remodeler la manière dont les gens perçoivent l’Occident, le Royaume-Uni », par de la désinformation, a-t-il dit, soulignant que la branche internationale de la BBC est un « atout » essentiel dans ce combat. « Nous devrions y investir de manière agressive ou nous allons perdre une position de force qui est essentielle non seulement pour le Royaume-Uni mais aussi pour la démocratie mondiale », a plaidé M. Davie.

Le BBC World Service est principalement financé par la redevance annuelle payée par les téléspectateurs – d’environ 200 euros par foyer – mais aussi par le ministère britannique des Affaires étrangères. Un plan d’économies a été mis en place en 2022 avec l’objectif de réduire ses dépenses de 54,2 millions de livres (62,5 millions d’euros) jusqu’en 2026. Ce qui inclut la suppression de 130 postes, annoncée il y a un an. Les programmes du BBC World Service ont atteint jusqu’à 313 millions de personnes chaque semaine dans le monde en 2024-2025, selon un récent rapport du contrôleur des comptes (NAO), en baisse de 14% comparé à 2021-2022.

Un budget à définir 

Son prochain budget doit être défini d’ici au mois d’avril et Tim Davie a appelé le gouvernement à « doubler » le montant de sa participation, qui s’élève à 137 millions de livres (158 millions d’euros), là où la Chine ou la Russie investissent « six à huit milliards » dans des services équivalents. Jonathan Munro, le directeur de l’information par intérim de la BBC, a noté que les chaînes d’information en anglais Russia Today et CGTN, un média public chinois, avaient vu leur audience augmenter depuis 2021 « grâce à leur présence dans le monde ». Le taux de confiance envers le BBC World Service auprès des publics internationaux reste toutefois de 78%, a-t-il souligné.