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Guillaume Laurens

Publié le

9 janv. 2026 à 14h27

« Continuer et innover », c’est ce qu’a promis vendredi 9 janvier 2026 Jean-Luc Moudenc, candidat à sa réélection aux Municipales 2026 à Toulouse, à l’occasion de la première conférence de presse dédiée à son programme.

Conscient que « beaucoup de Toulousains galèrent à boucler leurs fins de mois », le locataire du Capitole a choisi de traiter en premier la question du pouvoir d’achat, car c’est « une grande priorité de nos concitoyens ». L’ambition affichée par le maire (DVD) de la Ville rose ? « Prioriser les plus modestes et les classes moyennes ».

« Les candidats du pouvoir d’achat », dit Jean-Luc Moudenc

Pour le mandat 2026-2032, « nous allons plus que jamais être les candidats du pouvoir d’achat, de manière sérieuse et responsable », a ainsi scandé Jean-Luc Moudenc, s’engageant à « innover de façon très concrète, avec un projet soutenable financièrement ».

« Nous avons une immense différence avec tous nos concurrents », a-t-il revendiqué : « Nos propositions s’appuient sur l’identité toulousaine. Vous ne retrouverez pas ici ce que font les autres, pas de recopiage de programmes élaborés à Paris par des partis politiques… ».

Nous, nous ne sommes pas là pour tromper les Toulousains. On laisse cette habitude à nos opposants, que ce soient les deux François qui n’en feront qu’un, ou le Rassemblement national.

Jean-Luc Moudenc
Maire de Toulouse, candidat aux Municipales 2026

Vidéos : en ce moment sur ActuStabilité fiscale et généralisation de la mutuelle communale

L’édile a mis sur la table cinq propositions phares, destinées à alléger les finances des ménages de la Ville rose.

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Primo, il a repris « l’engagement de stabilité fiscale, à la mairie comme à la métropole ». Alors que les impôts n’ont pas bougé depuis 2015 à Toulouse, « nous ne toucherons ni au taux de la CFE (Cotisation foncière des entreprises, NDLR), ni à celui de la taxe foncière ».

Il a ensuite réitéré sa promesse de généraliser la mutuelle communale : « L’idée, c’est de lancer une nouvelle offre, pour élargir le dispositif à tous les Toulousains », a-t-il expliqué. « Cela permet que chacun puisse se soigner et ne renonce pas aux soins pour des raisons financières ».

Assurance habitation communale et groupements d’achats

Dans le même esprit, Jean-Luc Moudenc a dégainé une nouvelle proposition phare : lancer une assurance habitation communale. « On va faire la même chose qu’avec la mutuelle. Après avoir mis en concurrence les compagnies, on créera une assurance habitation communale pour tous » les foyers qui le désirent.

Pour soutenir et orienter les Toulousains perdus dans la jungle des panneaux photovoltaïques, il propose également de « labelliser des partenaires de confiance » afin de rassurer « les propriétaires et copropriétaires » sur les entreprises choisies, et d’avoir « des engagements sur le prix et la qualité » des produits.

Autre levier que compte actionner le candidat Moudenc : « Multiplier les groupements d’achats sur de nouveaux services, pour faire bénéficier les Toulousains de prix plus modestes, à l’instar de ce que nous avons fait en 2025 pour les pièges à moustiques ». Car il le martèle : ses propositions « s’appuient sur un bilan, qui est la crédibilité du programme ».

Un bilan à défendre pour le sortant

Sur le bilan justement, Jean-Luc Moudenc s’est attardé ce vendredi sur les actions menées lors du dernier mandat, pour soutenir le pouvoir d’achat : « Nous avons fait le choix de la stabilité fiscale des deux impôts à notre main (depuis la hausse de 15 % en 2015, NDLR), et ce contrairement aux grandes villes dirigées par nos opposants (+ 4,5 % de taxe foncière à Bordeaux, + 9 % à Lyon, + 14 % à Marseille, + 25 % à Grenoble et + 52 % à Paris) ».

De même, la collectivité a fait des efforts pour « la stabilité des tarifs municipaux, bien qu’ils soient pour la plupart inférieurs à la moyenne des grandes villes ». Jean-Luc Moudenc retourne devant les électeurs avec « aucune augmentation depuis 11 ans sur le tarif des CLAE », pour lesquels « les familles ne paient que 7 % du coût réel », et après avoir « mis en place d’une dotation pédagogique de 65 euros par enfant pour payer les fournitures scolaires ».

Autre « invention toulousaine » mise en exergue : les restaurants seniors, dont le 20e établissement sera inauguré ce mois-ci. « Depuis 2014, on a doublé le nombre » de ces établissements où les aînés peuvent « se retrouver cinq jours par semaine à midi pas loin de chez eux » pour 3,40 euros, tarif « stable depuis 12 ans ». 200 000 repas y ont été servis en 2025.

Tarif des piscines, logement social, prix de l’eau…

En ce qui concerne la mutuelle communale, jusqu’ici consacrée aux aînés, quatre ans après son lancement, elle compte « 5 700 adhérents, dont 39 % n’en avaient plus auparavant ».

Dans les tarifs municipaux, il a également mis en avant le prix des piscines qui n’a pas augmenté depuis 10 ans (3,40 euros), différentes mesures pour soutenir l’habitat et notamment « la production entre 2014 et 2024 à Toulouse, de 10 147 logements sociaux, 2 658 en accession sociale, ainsi que 840 accessions à prix maîtrisé ».

Sur le prix de l’eau, qui est à « 3,32 euros le m3 en moyenne », après la (décriée) mise en place du tarif saisonnier, le maire réjouit d’afficher aujourd’hui « le 2e moins cher de France derrière Strasbourg ».

D’après Moudenc, les primes « les plus généreuses des Métropoles françaises » à Toulouse

Dans un autre registre, Jean-Luc Moudenc soutient avoir mis en place depuis octobre 2020 « les primes les plus généreuses des Métropoles françaises : 2494 primes pour l’achat de véhicule propre (pour 7 370 000 euros), 17 482 pour un vélo (4,2 millions), 1 371 pour des panneaux photovoltaïques (2,9 millions) et 644 pour la rénovation énergétique (2,4 millions).

Mise en garde face à « la folie fiscale » de l’opposition

Pour 2026, Marion Lalane-de Laubadère a mis en garde les Toulousains face aux annonces de « notre opposition, qui va vers de la folie fiscale », a-t-elle asséné.

« Leurs propositions ne sont pas chiffrées, mais on l’a fait pour eux ». D’après la première adjointe sortante et n°2 de la liste Moudenc, trois mesures de l’opposition « absorberaient a minima les deux tiers du budget municipal à elles seules ». L’équipe Moudenc évalue « la réquisition des bureaux vides à Toulouse à 820 millions d’euros, la gratuité des transports à 130 millions d’euros et le cadencement des TER entre 1,6 et 4,1 milliards d’euros (+ 85 à 130 millions d’euros chaque année) selon les scenarii choisis ».

N’avoir que des gratuités à la bouche, c’est très bien, mais comment financeront-ils cela ? En sacrifiant les services publics ou en augmentant drastiquement les tarifs municipaux et les impôts ? La facture n’est pas soutenable.

Marion Lalane-de Laubadère

« On ferait ce qu’adorent faire les bobos : chasser les familles du centre-ville »

Cela ne fait pas l’ombre d’un doute pour Jean-Luc Moudenc, l’opposition prépare une flambée de la fiscalité : « Les élus mélenchonistes et leurs alliés ont déjà proposé en 2025 à Toulouse Métropole d’augmenter la CFE et d’alourdir les charges des entreprises ».

Dans le même registre, il rappelle avoir « refusé d’instaurer un tarif de stationnement en fonction du poids du véhicule, comme à Paris » et comme l’a proposé la gauche au conseil municipal de Toulouse. « Avec une telle mesure », argue-t-il, « on toucherait les familles et on ferait ce qu’adorent faire les bobos : chasser les familles du centre-ville, pour lesquelles le prix triplerait ». Il préfère défendre le stationnement résident, généralisé au fil de l’eau à Toulouse, et proposé à « 100 euros par an, un des tarifs les plus bas de France ».

La gratuité des transports, « moyen très clientéliste d’acheter les voix »

Jean-Luc Moudenc a enfin étrillé la gratuité des transports en commun promise par François Piquemal : « Nous y voyons un moyen très clientéliste d’acheter des voix », a-t-il attaqué.

On se souvient qu’en 2008, Pierre Cohen et ses acolytes de l’époque que l’on revoit faire surface comme François Briançon, avaient promis la gratuité pour les jeunes dans un premier temps, puis pour tout le monde dans un second temps. On a vu ce qu’il en était advenu…

Jean-Luc Moudenc

Sur le prix des transports, « nous sommes en pointe », a-t-il claironné. Qu’il s’agisse du ticket à l’unité ou de l’abonnement Tisséo, le sortant revendique « des tarifs très largement moins chers » que dans d’autres grandes villes de France « aux mains des amis de notre opposition municipale ».

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