Fils de Michel Junot, qui fut un adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris, le jeune homme se fait, dans les années 70, une solide réputation de séducteur. Il est mort à 85 ans le 8 janvier.
Pour écrire les paroles de « Les playboys », l’un des premiers succès de Jacques Dutronc, Jacques Lanzmann s’était inspiré d’une jeunesse dorée, dont la principale activité consistait à passer d’une table du drugstore des Champs-Élysées à celle d’une discothèque de Saint-Germain-des-Prés. Philippe Junot a vécu cette période en séduisant bien des cœurs. Fils de Michel Junot, qui fut un adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris, le jeune homme se fait, dans les années 70, une solide réputation de séducteur.
Un soir de 1977, chez Castel, le club le plus privé de Paris, son regard se tourne vers une porte d’entrée où vient d’apparaître une très belle jeune femme qu’il reconnaît aussitôt : la princesse Caroline de Monaco. Elle prépare une licence en philosophie à la Sorbonne, et s’offre entre deux cours, des soirées de fêtes avec des copains. Junot n’hésite pas un instant. Il se dirige vers elle, se présente et entame la conversation. C’est ainsi que débute une idylle dont la presse ne va pas manquer de s’emparer. Le couple multiplie les apparitions publiques, et des photos sont publiées dans les magazines du monde entier. Les deux tourtereaux commencent à parler fiançailles et même mariage. À Monaco, la Princesse Grace et le Prince Rainier ne se montrent guère enthousiastes à cette idée. Les informations sur leur futur gendre les inquiètent même. Ils sont loin d’être convaincus que la promesse de jurer fidélité à sa femme sera tenue. Le souverain ne mâche pas ses mots : il ne veut pas, pour sa fille aînée, d’un « homme du commun qui vit de tout et de rien ».
Le conte de fées vire au cauchemar
Princesse rebelle dans l’âme, Caroline refuse de les écouter. Profondément amoureuse, elle est convaincue d’avoir rencontré l’homme de sa vie. Les parents finissent par baisser les bras, et donnent leur feu vert à des fiançailles dont l’annonce officielle, le 25 août 1977, est accompagnée d’une photo de famille dans les jardins du palais de Monaco. L’union civile, le 29 juin 1978 est suivie, le lendemain d’un mariage religieux, dans la plus stricte intimité. La jeune épouse apparaît resplendissante, sourire aux lèvres, dans une robe de tulle blanc, de Christian Dior. Hélas, le conte de fées va rapidement virer au cauchemar. Le jeune marié multiplie les coups de canif dans le contrat. Son épouse est mise au courant. Les disputes se terminent par un divorce, prononcé le 9 octobre 1980.
Caroline entreprend alors des démarches au Vatican avec l’espoir d’une annulation du mariage. Jean-Paul II va la lui accorder en 1992 . Entretemps, Philippe Junot a discrètement refait sa vie. Devenu courtier en valeurs mobilières, et promoteur immobilier, il va être l’une des victimes des escroqueries dans les placements, commises par Bernard Madoff. Installé en Espagne où il a continué à mener une vie mondaine, en particulier à Marbella, il s’est marié à deux reprises, et a eu trois enfants . En 2022, Isabelle, l’une de ses filles, a épousé un noble espagnol, le marquis de Cubas. L’occasion de l’une de ses ultimes apparitions publiques.