Quand les paris de Miami se sont taris, s’est posée la question de « savoir ce que l’on faisait » de ces espoirs locaux, en mal de cadre et de continuité, malgr…

Quand les paris de Miami se sont taris, s’est posée la question de « savoir ce que l’on faisait » de ces espoirs locaux, en mal de cadre et de continuité, malgré la création de nouvelles compétitions de part et d’autre de la frontière. Place forte de la spécialité de pelote basque, Saint-Jean-de-Luz a alors décidé de monter un pôle performance dans son jai alai, en lien avec le club Luzean (lire par ailleurs). « On peut considérer qu’il prend le relais des États-Unis », valide le légendaire arrière, retraité depuis 2022.

C’était fin 2024. À l’époque de ce lancement, la structure placée sous l’égide de Saint-Jean-de-Luz animations, organisateur des Internationaux estivaux de cesta punta, avait communiqué de manière minimaliste. Un peu plus d’un an après ces débuts plutôt discrets, toutes les parties prenantes du projet étaient réunies ce vendredi 9 janvier en mairie, du premier édile Jean-François Irigoyen au président de la Fédération française de pelote basque (FFPB) Lilou Echeverria, en passant bien sûr par les intervenants, notamment deux des trois entraîneurs, Philippe Etcheberry et Éric Irastorza, normalement escortés de Danny Erdocio.

Toutes les parties prenantes du projet étaient présentes en mairie ce vendredi 9 janvier.

Toutes les parties prenantes du projet étaient présentes en mairie ce vendredi 9 janvier.

P. M.

« Une chance incroyable »

Ludovic Laduche était également présent. Le puntiste de Guéthary, l’un des trois à pouvoir vivre de ce sport au nord des Pyrénées, figure parmi les dix pilotaris du pôle. À 31 ans, il y fait figure de grand frère aux côtés de Thibault Basque et Jon Tambourindeguy (1).

Il a confirmé tout le bien qu’il pensait de l’initiative : « Quand on est envoyé dans le monde professionnel, on doit se débrouiller tout seul pour pratiquement tout. Il y a dix ans, j’aurais rêvé d’avoir ce pôle. C’est une chance incroyable pour les joueurs de 18-20 ans ». Comme d’autres, lui s’est « forgé » en solo. Aussi s’emploie-t-il surtout à tirer le groupe vers le haut : « Avec Thibault et Jon, on essaie d’amener de la qualité aux entraînements (deux par semaine et une séance collective de physique, NDLR) ».

Soutien psychologique et datas

Mais pas que, puisqu’il profite également de l’accompagnement multiniveaux proposé : « La préparation mentale par exemple. C’est quelque chose que je n’avais pas mis dans l’équation. Et je suis agréablement surpris ». Ce soutien psychologique, l’une des valeurs ajoutée du centre, est réalisé par Deborah Leconte. Elle n’est pas issue du monde de la cesta, ce qui lui permet de « poser un regard neuf » sur une pratique « très exigeante pour les joueurs, plus que d’autres ». Elle a identifié des « fonctionnements un peu masculins », notamment dans la faible communication entre partenaires, qu’elle s’applique à diminuer.

Une autre femme amène son expertise : Corinne Elissalde, à la « data vidéo ». Elle exploite l’outil AIA Sport, développé par l’ancien rugbyman international Thomas Lièvremont, pour proposer des analyses vidéos aux joueurs et à leurs coachs. Le logiciel a été acquis par la FFPB. « J’ai aussi fait en sorte que le pôle soit reconnu, ajoute son patron Lilou Echeverria. Les dix joueurs font partie de la liste ministérielle des sportifs de haut niveau, ce qui leur permet de profiter d’avantages ». Un suivi médical poussé et individualisé est enfin assuré par Marc-André Dommergue du CEERS Basque de Bassussarry.

Si on veut faire perdurer le système, il faudra plus de budget

Pour aller plus loin dans le perfectionnement, le pôle a aussi annoncé avoir conclu un partenariat avec la structure Eraman de l’ancien champion basque espagnol Iñaki Goikoetxea. Le pôle n’a pas pour autant vocation à devenir l’unique centre de performance de la région. Biarritz et Pau pourraient suivre. D’autant que le précurseur luzien est au seuil de ses possibilités : « Il est financé par les Internationaux, billetterie et partenaires, à hauteur de 15 000 euros. Beaucoup de gens participent bénévolement, par amour de la pelote. Mais si on veut faire perdurer le système, il faudra plus de budget », se projette Frédéric Cadet.

(1) Les autres sont : Charles Bonnin, Gaizka Garat, Emeric Libois, Paul Caparrus, Théo Laborde, Guillen Oyhenard, Zugaitz Sallaberry.