Manifestation contre le gouvernement à Téhéran, sur une image tirée des réseaux sociaux, obtenue le 9 janvier 2026. REUTERS
Alors qu’une nouvelle vague de contestations secoue le pays et a fait au moins 51 morts, dont neuf enfants de moins de 18 ans, selon l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti que l’Iran ne « reculerait pas » face aux manifestants, qualifiés de « saboteurs » et de « vandales », dans un discours diffusé vendredi 9 janvier par la télévision d’Etat.
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De son côté, le fils de l’ancien chah d’Iran et figure de l’opposition en exil a demandé à Donald Trump d’intervenir sans tarder dans la république islamique. « Monsieur le président, ceci est un appel urgent et immédiat réclamant votre attention, votre soutien et votre action », a écrit Reza Pahlavi sur les réseaux sociaux. « Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien. »
Jeudi soir, les Iraniens étaient descendus en nombre dans la rue pour défier le pouvoir d’Ali Khamenei, qui dirige la République islamique depuis 1989. Des images montrent des foules qui manifestent sur plusieurs avenues de Téhéran, scandant : « Mort au dictateur. » Cette mobilisation résulte en partie de l’appel à manifester lancé par Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, dans une vidéo publiée le 6 janvier. Il invitait les Iraniens à scander des slogans contre le régime, précisant « où que vous soyez, dans la rue ou même de vos maisons ».
D’autres vidéos montrent d’importantes manifestations dans plusieurs villes du pays, notamment à Tabriz (Nord), dans la ville sainte de Machhad (Est) ainsi que dans l’ouest du pays à majorité kurde, notamment autour de la grande ville de Kermanshah. La connexion Internet, coupée jeudi dans tout le pays, « une tentative d’étouffer la vague de contestation », demeurait inaccessible vendredi, d’après l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.
Le chef de la diplomatie iranienne a accusé vendredi les Etats-Unis et Israël d’ingérence dans ce mouvement de contestation : « C’est ce qu’ont affirmé les Américains et les Israéliens, à savoir qu’ils interviennent directement dans les manifestations en Iran », a déclaré le ministre Abbas Araghchi, en visite au Liban. « Ils essaient de transformer les manifestations pacifiques en actions clivantes et violentes », a affirmé le ministre, tout en jugeant « peu probable » la possibilité d’une intervention militaire contre l’Iran.
S’exprimant devant ses partisans, Ali Khamenei a déclaré que les mains de Donald Trump étaient « tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens », dans une référence apparente à la guerre de douze jours déclenchée en juin par Israël, à laquelle les Etats-Unis s’étaient associés. Il a également prédit que « l’arrogant » dirigeant américain serait « renversé », à l’image de la dynastie qui a gouverné l’Iran jusqu’à la révolution islamique de 1979.
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Appel à la « retenue »
Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles qui avaient eu lieu après la mort, en 2022, de Mahsa Amini, arrêtée pour port du voile non réglementaire. Des organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités d’avoir ouvert le feu sur des protestataires, faisant des dizaines de morts depuis le début de la contestation, initialement contre la vie chère, à la fin de décembre.
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Vendredi, le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé dans un communiqué une enquête « rapide » et « indépendante » relative à ces violences, exigeant le respect du droit de manifester pacifiquement « inscrit dans le droit international ».
Il s’est également inquiété de la coupure d’Internet dans le pays. « De telles actions sapent la liberté d’expression et l’accès à l’information, et affectent le travail de ceux qui documentent les violations des droits humains, ainsi que l’accès aux services essentiels et d’urgence », a-t-il insisté.
De leur côté, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont condamné « fermement » « le meurtre de manifestants » et les « violences » commises par les forces de sécurité en Iran, dans une déclaration commune où les trois dirigeants appellent les autorités iraniennes à la « retenue ». « Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état de violences commises par les forces de sécurité iraniennes et condamnons fermement le meurtre de manifestants », ont écrit les dirigeants français, britannique et allemand, exhortant les autorités iraniennes à « s’abstenir de toute violence et à respecter les droits fondamentaux des citoyens iraniens ».