« En amoureux de sa ville, pas en tant que directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté. » Après des semaines d’observation de la vie politique toulonnaise et diverses rencontres, Charles Berling tient à s’engager dans la campagne des municipales.
À sa façon. D’abord en rappelant l’importance d’aller voter. « Avec les réseaux sociaux, le communautarisme, certains s’éloignent de la démocratie, déplore-t-il. Mais la vie politique, la vie publique, ce n’est pas quelque chose qui se fait sans les citoyens. Qui qu’on soit, on a le droit à la parole. »
Pour combattre l’abstention, l’artiste de 67 ans compte « faire du porte-à-porte » : « On ne doit pas abandonner le territoire commun. Si certains ont l’impression que tous les politiques se valent, qu’on est impuissant, c’est faux ! On peut agir. J’en suis la preuve. »
Charles Berling, qui déplore « un monde de plus en plus chaotique », voit l’élection municipale à Toulon comme « un facteur de stabilité, de continuité ». « Plutôt que dire des saloperies et polémiquer, il faut valoriser toutes les choses positives et ces gens qui ont envie de vivre ensemble en paix », ajoute-t-il, en préambule. Avant de s’engager pour de vrai, « quitte à prendre des coups ». Et en distribuer, aussi.
Le défaut de Michel Bonnus
Michel Bonnus, sénateur LR en lice pour la mairie ? « C’est un enfant du pays, une bonne personne. Le problème, c’est sa proximité avec Bruno Retailleau (patron des Républicains, Ndlr), qui mène une politique clivante, proche du RN, dans la haine de l’autre, dans la répression. » Dans son tour des candidats, Charles Berling a également rencontré Magali Brunel, numéro 1 de la liste de gauche Toulon en commun. « J’ai beaucoup de sympathie pour la gauche qui a des idées intéressantes, qui travaille pour la jeunesse et lutte contre le communautarisme », commente-t-il. Sans pour autant être convaincu.
Lui roule à 100 % pour Josée Massi, qui se prépare à officialiser sa candidature. « Elle a envie d’y aller, raconte-t-il. Je la pousse à le faire. Il le faut. Elle est la plus à même de rassembler autour d’elle les gens qui pensent que Toulon peut continuer à se développer.
Est-ce qu’on vire un maire qui a fait un bon boulot, au profit d’autres candidats qui n’ont jamais été à ce poste ? En trois ans, elle a un bilan formidable, dans la continuité de ce qui a été fait par l’équipe d’Hubert Falco depuis 2001.
Et même si ce n’est pas un animal politique, qu’elle n’est pas carriériste, elle peut être très utile pour l’unité de sa ville, pour ne pas qu’elle sombre dans le communautarisme. » Autres atouts : « Josée Massi est une femme intègre, qui a une vraie vision pour Toulon. Elle incarne la force tranquille. Dans cette tourmente, elle a montré beaucoup de courage. Elle s’est révélée. »
Une prise de position qui risque de le fâcher avec son « ami Hubert », ce dernier ayant retiré son soutien à Josée Massi pour rejoindre l’équipe Bonnus, en septembre. « Il a eu tort de le faire, je lui ai dit, confie Charles Berling. Il a fait du beau travail, mais dans sa douleur de ne plus être au pouvoir, il peut faire des erreurs. Je pense qu’il faut être constant. » Autre constat : « Je l’aime beaucoup, mais il n’a pas su passer la main. »
Son combat contre l’extrême droite
Ce qu’il pense de la députée RN Laure Lavalette, présentée comme la favorite ? « Elle croit qu’on va l’élire parce qu’elle passe à la téloche ?, interpelle-t-il, tout en rappelant son passé d’étudiante bordelaise, proche du GUD.
À l’Assemblée, elle est porte-parole du Rassemblement national. Et à Toulon, elle joue un jeu bizarre en faisant campagne sans étiquette. Mais quelle tartufferie ! Qui soutient Lavalette ? Le RN. Et qui soutient le RN ? Bolloré, Trump, Poutine. C’est ça que les gens veulent, se faire abuser ? Ils pensent que ses milliardaires travaillent pour l’intérêt du peuple ? Quelle aberration, ils ne font que du business ! Ne cédons pas à ces sirènes. »
Pour lui, il y a « un vrai danger comme en 95 », année de la victoire de Jean-Marie Le Chevalier (candidat FN) à Toulon. « Ce sont les mêmes », avance-t-il, sans vraiment croire à changement de ligne politique. « En homme libre », Charles Berling évoque « les belles promesses » que Laure Lavalette lui a faites il y a un an alors qu’il sait « qu’elle « [le] déteste » : « Elle avance masquée, mais n’a pas encore les clés de la ville ».
Pour aider Josée Massi, Charles Berling serait également prêt à compléter sa liste, comme pour Hubert Falco en 2020. Il avait pourtant raconté qu’on ne l’y reprendrait plus. « J’ai réfléchi entre-temps, nuance le comédien. C’est une éventualité. » S’il n’est pas déjà trot tard, à deux mois de l’élection ? « Pas sûr », répond-il. Celui-ci compte également sur un front républicain au second tour. « La gauche, Massi et Bonnus devront s’entendre pour la démocratie, insiste-t-il. C’est bien qu’ils se parlent ».