Par
Martin Leduc
Publié le
9 janv. 2026 à 17h43
Nombreux sont les Français à avoir râlé en arrivant dans leur magasin pour faire leurs courses, en ce début de mois de janvier 2026. Pas parce qu’il y avait trop d’attente à la caisse, ou parce que leur chariot couinait, mais bien parce qu’ils n’ont pas pu trouver tout ce qu’ils cherchaient.
Un produit en particulier manque clairement à l’appel… Et ce, depuis de nombreux mois déjà : les œufs. Plusieurs facteurs expliquent ce manque, qui n’est « pas une pénurie », selon les mots d’Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), contactée par actu.fr il y a quelques mois.
La météo pour expliquer les récents rayons clairsemés
Si les œufs ont récemment fait parler d’eux, c’est parce que jusqu’à présent, on pouvait quand même en trouver malgré les difficultés rencontrées par la filière. Mais lors de la première semaine de janvier 2026, des trombes de neige se sont abattues sur une bonne partie de la France. De la neige qui a ensuite accouché d’un épais verglas, rendant bien difficiles les livraisons.
« Il peut y avoir quelques trous dans les rayons, quelques ruptures perlées, mais il n’y a rien d’anormal. Ce serait disproportionné de parler de pénurie. Tout rentre dans l’ordre avec la reprise des livraisons », veut tout de même rassurer la Coopérative U, contactée par actu.fr pour un article plus global sur les manques dans les rayons.
Mais aussi un attrait nouveau pour les œufs…
Si ces trous dans les étalages embêtent autant les Français, c’est parce qu’ils sont friands d’œufs. Les ventes ont bondi de « près de 4 % depuis deux ans », chiffrait Alice Richard, du CNPO, en mars dernier.
En fait, avec l’explosion des prix de la viande et l’essor des régimes sans viande notamment, les œufs, « la protéine de référence », selon Alexandra Retion, diététicienne et nutritionniste à Paris, questionnée par actu.fr pour un article interrogeant les qualités nutritionnelles de cet aliment, sont devenus très en vogue.
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« La demande est en hausse et l’offre n’arrive pas à suivre », résume la coopérative U.
…et une volonté de bien faire
Enfin, la filière avicole fait, depuis quelques mois, face à de profonds changements dans ses modes de fonctionnement. « La filière s’est fixée comme objectif d’atteindre 90 % des poules pondeuses élevées dans des systèmes alternatifs à la cage », raconte Alice Richard.
Cette réduction programmée des élevages en cage pour passer aux modes d’élevage alternatifs nécessite des investissements, la construction de nouveaux bâtiments et freine la rapidité de réponse à la croissance de la demande.
Alice Richard
Directrice du CNPO
Aussi, il ne s’agit pas là d’une pénurie, comme on peut le lire ou l’entendre parfois, mais bien d’un ralentissement de l’offre. Les difficultés sont temporaires, et devraient s’estomper à mesure que l’année avance.
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