Deux jeunes Guyanais payent aujourd’hui le prix fort pour avoir répondu à un appel sur les réseaux sociaux. Recrutés en ligne par un groupe paramilitaire en Ukraine, ils se retrouvent piégés et considérés comme des déserteurs. Leur famille craint pour leur vie. Le député de la première circonscription de Guyane, Jean-Victor Castor a interpellé les autorités sur ce dossier sensible. « Je m’adresse principalement aux jeunes du pays et même, je vais dire, aux moins jeunes qui sont un peu dans l’oisiveté ou qui ont perdu leurs repères. En ce moment, nous avons deux jeunes du pays qui ont été enrôlés via les réseaux sociaux pour aller dans des structures paramilitaires se battre sur le front ukrainien. »

Une alerte politique face à un danger immédiat

L’alerte du député porte sur la menace grave qui plane sur ces deux jeunes Guyanais originaires de Saint-Georges. Le parlementaire préfère ne pas s’étaler sur les détails dans cette affaire, mais évoque des contrats rédigés en ukrainien pour trois ans au lieu de six mois, ainsi que des conditions très dures sur le terrain qui pousseraient ces deux Guyanais, comme beaucoup sur le front, à tenter de fuir.

Des promesses illusoires et des conditions extrêmes

« Il y a des recrutements qui se font sur les réseaux sociaux pour envoyer notre jeunesse, parfois même des moins jeunes, sur le front à coups de promesses, d’argent et d’autres avantages supposés. Mais une fois que vous arrivez là-bas, vous êtes dans des conditions extrêmes et les promesses faites ne sont pas tenues », rappelle le député.

Une stratégie de recrutement très active sur les réseaux

Sur Internet et les réseaux sociaux, le groupe Revanche Internationale déploie sa communication : vidéos promotionnelles, photos des troupes sur le terrain, équipements et actions, afin d’attirer une jeunesse de tous les horizons. Le député a alerté la cellule de crise du quai d’Orsay ainsi que l’ambassade de France à Kiev. Les autorités admettent que le traitement des cas de déserteurs est extrêmement dur dans ces groupes paramilitaires. Pour Jean-Victor Castor, il est important de parler publiquement du sujet afin de garantir la sécurité de ces jeunes.

Des démarches diplomatiques en cours

« Les passeports de ces jeunes Guyanais ont été confisqués par la hiérarchie du groupe paramilitaire, souligne Jean-Victor Castor. Si l’ambassade de France confirme une prise de contact avec l’un d’eux, rien ne permet de garantir qu’ils ne seront pas renvoyés sur le front, avec les risques que cela comporte. » Pour l’élu, une intervention diplomatique était nécessaire. L’ambassade de France à Kiev ayant déjà pu avoir un contact avec l’un de ces deux jeunes Guyanais, les informations sont plutôt rassurantes sur leur intégrité physique. Aujourd’hui, l’objectif est de leur permettre de retourner auprès de leur famille.

Un phénomène loin d’être isolé

Ces cas ne sont pas isolés : les dossiers de jeunes Français tentant de quitter l’Ukraine et ces combats se multiplient, selon la diplomatie française. L’enjeu est vital pour le pays, qui s’essouffle et manque d’hommes pour poursuivre les combats, alors que ses alliés ne peuvent engager de troupes sur le terrain.