Depuis le 1er janvier et son passage officiel dans la structure World Tour belge, le natif de Marburg s’entraîne avec le maillot qui l’a toujours fait rêver.
« Quand on aime les classiques, le nom de cette structure résonne forcément d’une manière particulière aux oreilles (rires)… Je me souviens encore qu’avant de rejoindre l’équipe Intermarché en 2023, je m’étais installé devant mon ordinateur pour envoyer un mail à Patrick Lefevere afin de lui proposer mes services. Cela n’avait pas débouché sur un transfert, mais j’ai toujours eu les yeux qui brillaient pour cette équipe et ai nourri le contact avec certains de ces membres au fil du temps, comme pour déjà s’apprivoiser. Au printemps dernier, j’avais eu une première discussion informelle avec Jurgen Foré, pour apprendre à nous connaître et envisager un futur commun. Les choses se sont accélérées avec le processus de fusion entre l’équipe Intermarché pour laquelle j’évoluais la saison dernière et Lotto… »
guillement
Jamais on ne m’a parlé de mon avenir dans la fusion Intermarché-Lotto.
Un épisode que l’ex-vainqueur du Samyn évoque, aujourd’hui encore, avec les dents serrées. « On a vécu des mois de stress et d’incertitude qui ont été vraiment pesants. Les seules nouvelles que nous avions de l’avancée de ce projet émanaient de la presse, jamais un dirigeant n’a pris son téléphone afin de m’expliquer clairement la situation, jamais mon futur au sein de ce mariage ne m’a été évoqué. Quand j’ai compris que ce mariage allait devenir réalité, il était très clair pour moi que mon futur ne s’écrirait pas là. Jurgen (Foré) est revenu vers moi et les choses se sont concrétisées très vite. Je n’ai même pas pris la peine d’écouter les autres équipes qui se disaient intéressées par mes services. C’était chez Soudal Quick-Step que je voulais aller ! »
Une évidence qui transparaît de chacun des mots et de l’ambition de l’aîné des frangins Rex. « On peut déjà percevoir la faim de tout le staff et des coureurs de briller sur les classiques pavées, cela vit dans ce groupe. Avec des gars comme Magnier, van Baarle, Stuyven ou Lampaert, on aura un noyau très solide et complet pour la campagne du Nord, un collectif qui devra faire notre force pour battre Pogacar et van der Poel. Pour le côtoyer désormais à l’entraînement, je peux vous confirmer que Paul (Magnier) est un vrai phénomène. Il y a une telle puissance qui semble sortir de manière si naturelle de son coup de pédale, c’est juste dingue… Je suis certain qu’il va devenir un des meilleurs coureurs du monde sur les courses d’un jour et qu’il gagnera des courses comme le Tour des Flandres, il faut juste lui laisser un peu de temps. D’ici là, les responsabilités seront partagées sur les pavés, et cela fera notre force. Plus on sera présents en nombre dans un final, plus cela nous offrira des cartes dans le jeu tactique. Et cela peut aussi m’être profitable. Mon gros objectif du printemps, ce sera Paris-Roubaix, une course que j’adore. J’y ai fini deux fois dans le top 10 (NdlR : 10e en 2025 et 9e en 2023) mais j’ambitionne cette année un podium ! »
Une marche que celui qui débutera sa saison sur l’Alula Tour (27 au 31/1) veut franchir en s’inspirant de ses équipiers. « Dylan van Baarle s’y est imposé en 2022. Je ne l’ai pas encore harcelé de questions, mais à chaque fois que le sollicite pour un conseil, il me répond de manière très ouverte, avec une volonté de transmission. L’expérience, cela se transmet de 1 000 façons. Je regarde comment les gars bougent sur le vélo, les trajectoires qu’ils empruntent, les choix matériels qu’ils font. Et puis le staff connaît tellement de choses sur le sujet… »
Et si d’autres contours du fantôme de Tom Boonen se réveillaient sur un vélodrome du Nord au début du mois d’avril ?