Par
Marie Pomme
Publié le
10 janv. 2026 à 11h32
En ce début d’année, dans les boulangeries, à l’odeur du bon pain se mêle celle de la galette des rois. En plus du plaisir de la dégustation, les gourmands ont l’œil qui pétille à l’idée de trouver la fève et d’être sacré monarque du repas. Mais ce petit sésame est rarement français : plus de 90 % d’entre eux sont faits en Asie. En France, très peu de céramistes en produisent ; c’est pourtant le cas d’Aline, dans son atelier à Paris.
Ses fèves made in France cartonnent
« Avant, j’étais chroniqueuse et j’écrivais des livres sur le développement durable », rembobine la pétillante trentenaire en posant un lourd bloc de terre sur son plan de travail. Tandis qu’elle le déballe et le sépare en tranches avec un fil à couper comme un bon fromage, elle revient sur son « ancienne vie » : « J’ai beaucoup aimé cette phase. Puis un jour j’ai découvert la céramique et j’ai ressenti un épanouissement que je n’avais nulle part ailleurs. J’ai décidé de me lancer dans ce côté créatif qui me manquait. » D’abord à temps partiel, ses créations cartonnent sur les réseaux sociaux : la demande est telle qu’elle doit refuser des pièces, alors elle fait le grand saut. « Quand je suis là, je n’ai pas l’impression de travailler », apprécie-t-elle.
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Elle s’est spécialisée dans la confection de fèves, en grès et en porcelaine. « Cette idée est partie d’un moment où je mangeais une galette », se souvient-elle. « C’est une pièce en céramique qu’on oublie souvent. » Aujourd’hui, cela représente à peu près 40 % de ses commandes pour des professionnels. « Ce sont des boulangeries, des coffee-shops, ou des clients complètement inattendus comme des écoles », liste-t-elle.

Parmi ses modèles préférés, il y a le puzzle à collectionner et les fleurs en porcelaine, qui se transforment… en boucles d’oreilles (©MP / actu Paris)1 000 fèves à faire… une par une
Sous ses mains, une fève en relief commence à prendre forme. Elle étale la terre comme une pâte à tarte, puis détaille des ronds à l’emporte-pièce. « Là, je vais les lisser une par une avec l’éponge », indique-t-elle en joignant le geste à la parole. « C’est le moment où je mets une série ou un podcast, parce que ça peut être long ! » Et pour cause : ses clients lui commandent parfois des milliers de pièces, comme cette boulangerie qui lui en a réclamé 1 000 à son effigie. « C’est vraiment un challenge technique quand on les fait à la main, ce n’est pas de la sérigraphie avec une machine qui imprime sur une fève industrielle. J’aime le côté ultra personnalisé. Ça demande beaucoup de minutie car les pièces sont très petites ! » rigole-t-elle.
Il faut ensuite les laisser sécher quelques jours, les cuire une première fois à 1 000 °C pendant 24 heures, appliquer l’émail et les recuire à presque 1 300 °C.

L’atelier d’Aline est une vraie caverne d’Ali baba qui regorge de pinceaux, boîtes de pigments et outils en tout genre. (©MP / actu Paris)
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Énergie renouvelable et pigments naturels
D’ailleurs, l’énergie de la cuisson provient de sources renouvelables. De sa vie d’avant, elle a gardé ses engagements environnementaux. « Je travaille surtout avec les couleurs naturelles des argiles, comme le terra cotta, le noir, le gris… pour éviter au maximum les pigments artificiels », indique Aline. Dans son atelier donc, peu de bleu ou de jaune, « qui contiennent des métaux lourds comme le cobalt ou l’antimoine, assez polluants et dangereux à manipuler ».
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