Par

Thibault Nadal

Publié le

10 janv. 2026 à 14h41

« Le moment était venu ». À deux mois du premier tour des élections municipales, Benoît Payan est officiellement candidat à la mairie de Marseille. Dans son tout nouveau QG de campagne situé sur La Canebière (1er), le maire sortant a d’abord rappelé que cela « avait été un honneur et une responsabilité », pour lui, de diriger la seconde ville de France.

Il a surtout expliqué avoir encore « la force, l’envie et l’ambition » de rester à la tête de l’exécutif local afin de poursuivre les projets enclenchés ces six dernières années. « On a besoin de continuer à changer les choses ». Il en a aussi profité pour taper sur tous ses adversaires et dévoiler les premières mesures qui figureront dans son programme.

Une volonté de rassembler les Marseillais

Une affiche de campagne, un message, « le rassemblement de la gauche, des écologistes et des citoyens » et un slogan « pour Marseille ». Benoît Payan a fait ce samedi 10 janvier une entrée fracassante dans la campagne en dressant le bilan du Printemps marseillais. « On a eu à cœur pendant six ans de rassembler cette ville, de la recoudre », explique-t-il.

Mais il reconnaît qu’il y a « encore des inégalités à recoudre ». Pour cela, le maire (DVG) estime qu’il est le mieux placé pour porter ce projet. « Cette ville, c’est ma ville, j’y suis né et j’y ai grandi. Je l’ai sans le sang. Je n’ai pas d’autre ambition que de me battre pour Marseille », affirme-t-il.

Lors de ce second mandat, il ambitionne que Marseille « redevienne la grande ville qu’elle a été, qu’elle redevienne ou devienne la capitale de la Méditerranée, cette grande place qu’elle n’aurait jamais dû perdre ».

Il faut continuer les efforts sur le service public. Ce ne sera pas un mandat facile, mais utile.

Benoît Payan
Maire et candidat à la mairie de Marseille

Cinq premières mesures dévoilées

Pour y parvenir, Benoît Payan souhaite que « les Marseillais se sentent protégés dans tous les sens du terme » et qu’ils vivent « mieux et en sécurité ».

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Sans entrer dans les détails, le maire sortant souhaite continuer à redonner du pouvoir d’achat aux plus modestes avec « le passage du kit scolaire à 150 euros pour 80000 enfants et la gratuité de la cantine pour 15 000 enfants ».

Sur la sécurité qui sera le principal thème de cette campagne, Benoît Payan promet « le doublement de la police municipale », en faisant passer les effectifs de 800 à 1600 agents.

Il veut aussi « doubler les effectifs pour la propreté », « créer une police de la propreté et un gendarme du logement ». Ce dernier « aura pour mission d’aller voir les bailleurs sociaux, que les copropriétés afin que les gens vivent dans la dignité ».

La loi « PLM est une chance »

Mais avant de pouvoir appliquer ce programme qui sera dévoilé au fil des semaines, Benoît Payan devra l’emporter dans les urnes. Lui qui n’a jamais été soumis aux votes des Marseillais, puisqu’en en 2020, c’est Michèle Rubirola l’avait emporté avant de céder sa place quelques mois plus tard pour des raisons de santé.

En 2026, l’édile assure que sa première adjointe sera derrière lui. « Évidemment », répond-il, comme « avec toutes celles et ceux qui nous accompagnent et ceux qui vont nous rejoindre de continuer à porter cette ambition pour Marseille ».

Pour la première depuis très longtemps, le maire sera élu directement grâce à la réforme de la loi PLM. « Une chance » pour Benoît Payan. « Ça va nous permettre de parler à tout le monde et de sortir de ce régime barbare. »

Sans dévoiler de noms, le maire a indiqué que ce nouveau mode de scrutin avec 111 noms allait « permettre de faire entrer de nouvelles personnalités, qui n’ont pour la plupart jamais fait de politique, mais qui sont ancrées dans la ville ». Il a cité des personnes venant du milieu médical, associatif, des artistes ou chef d’entreprise.

Le RN désigné « principal adversaire », la Métropole comme « un obstacle »

Il devra aussi se défaire des quatre candidats déjà déclarés : Sébastien Delogu (LFI), le duo Nora Preziosi-Erwan Davoux (DVD), Martine Vassal (DVD) et Franck Allisio.

Mais Benoît Payan estime que « cette élection va se jouer entre le RN et le Printemps marseillais ». Un Rassemblement national qu’il désigne comme son « principal adversaire ». Pour lui, « le RN veut faire reculer la ville » et leur reproche d’avoir voté « contre les subventions de solidarité, contre l’aide aux précaires, contre tout ce qui unifie et rassemble la ville ».

Martine Vassal (DVD) n’est pas non plus épargnée. Ou plutôt son mandat à la tête de la Métropole, puisque Benoît Payan s’est bien gardé de prononcer son nom.

Est-ce qu’on peut continuer de vivre dans une ville aussi sale ? Je ne vais pas laisser la Métropole continuer à faire ce qu’elle a fait dans cette ville, à savoir fermer le métro à 21h30, de ne pas mettre de bus ou d’éclairage public dans certains quartiers. La Métropole entrave l’action d’une ville aussi importante.

Benoît Payan

Avant de poursuivre : « Si nous gagnons les élections, nous changeons le destin de notre ville. Vivre dans une ville où le travail de la Métropole n’a pas été bien fait, c’est inacceptable. Ce mandat, sur ces questions métropolitaines, sera extrêmement important parce qu’il va changer la donne. »

« Sébastien Delogu et les insoumis ont fait le choix de la division »

Enfin, bien avant cette déclaration de candidature, le Printemps marseillais a obtenu le ralliement de tous les partis de gauche pour faire l’union. Sauf de La France insoumise qui a refusé.

« Sébastien Delogu et les insoumis ont fait le choix de la division, ils en portent la responsabilité », assure Benoît Payan qui semble ne pas comprendre son choix. Son adversaire lui a répondu sur X : « Tout le monde sait ce que je pense des socialistes et de leur bilan, ça ne m’empêche pas d’être clair sur le rassemblement face à l’extrême droite. Au-dessus de l’ego des hommes, il y a l’intérêt du peuple. Benoît Payan, l’a oublié. Le 15 mars nous le lui rappellerons ».

La date est d’ores et déjà cochée dans tous les calendriers. Ils restent un peu plus de deux mois aux candidats pour convaincre les électeurs de les choisir.

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