En 2013, il revient en France et fonde à Bordeaux le Friiix club, intégrant dans ses créations la marionnette et les comédiens, avec les codes du manga. Un genre unique qu’il surnomme « Manganète » et qui amène la troupe à tourner à l’International et notamment au Japon : « Là-bas, on les a intrigués. Pour eux, théâtre et mangas sont deux arts bien différenciés qu’il ne faut pas mélanger. »
En trois épisodes
« Castelmore » est donc sa nouvelle manganète, adaptée de l’œuvre d’Alexandre Dumas : « Je voulais revisiter un classique et Dumas était parfait pour ça. Il est considéré comme l’un des premiers auteurs pop. Il a écrit l’histoire des trois mousquetaires en fonction des retours qu’il avait des lecteurs du journal publiant son roman par épisodes. C’est exactement ce que font, aujourd’hui, les auteurs de manga. »
« Castelmore » est construit comme une série, en trois saynètes d’une vingtaine de minutes. Frédéric Feliciano s’est permis de nombreuses digressions vis-à-vis de l’œuvre originale avec l’aide de Sylvain Levey, auteur pour les adolescents. « La consigne était de centrer l’histoire sur D’Artagnan. Tout se passe dans une époque rétrofuturiste. »
Le choix des « Trois Mousquetaires » n’a pas été seulement artistique pour Frédéric Feliciano. Il lui a permis de mener une réflexion sociale et politique : « ‘‘Les Trois mousquetaires’’ ont un contexte historique très actuel. L’histoire a été écrite au début du XIXe siècle, à la naissance de l’ère industrielle. Et si D’Artagnan n’était pas seulement un jeune aventurier de cape et d’épée ? S’il était aussi un jeune homme de province qui monte à Paris, pour se faire de l’argent ? Un thème qui reste très contemporain. On aborde aussi la question de genre, en faisant de d’Artagnan, une femme. On évoque l’écologie en plaçant les personnages dans une citadelle flottant au-dessus d’une planète devenue invivable. On aborde ainsi notre actualité dans une aventure futuriste divertissante. »