Le maire sortant divers gauche a officialisé sa candidature à sa propre succession, samedi 10 janvier, depuis son local de campagne. Cette annonce fait vivement réagir les autres candidats aux municipales, ainsi que les Marseillais, dont certains étaient curieux de découvrir le local de campagne du maire-candidat ce samedi.

La Quotidienne Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter « La Quotidienne Société ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

« Ah, ce n’est pas encore ouvert ? », devant les portes vitrées du local de campagne qui se referment, Paul affiche un air dépité. Ce samedi 10 janvier au matin, seuls les journalistes ont droit d’accéder, pour l’officialisation de la candidature de Benoît Payan dans la courses aux municipales de 2026.

Paul parvient tout de même à récupérer quelques tracts à l’effigie de Benoît Payan. Ce néo-marseillais, habitant de La Pomme (11e), se réjouit de cette annonce : « C’est surtout son discours qui me plaît, sur le fait d’intégrer tous les Marseillais, de ne pas ériger de barrières entre les quartiers favorisés et les quartiers défavorisés. »

Municipales 2026 à Marseille : Benoît Payan, le maire sortant, annonce sa candidature officiellement pour un nouveau mandat

A quelques pas de là, au bas de la rue Saint-Ferréol, Benjamin a lui aussi reçu un tract électoral ce samedi matin : « C’est plutôt une bonne chose surtout face aux difficultés auxquelles on se heurte avec la Métropole. On a souvent tendance à amalgamer les deux, on ne sait pas qui fait quoi … et c’est bien que Benoît Payan clarifie les choses », estime-t-il.

durée de la vidéo : 00h00mn53s

Voir la video (53 secondes). 
53 sec

Ces Marseillais réagissent à la candidature du maire sortant pour les municipales 2026

©Julie Rampal Guiducci / FTV

Toujours dans l’artère commerçante de Marseille, Bernadette, elle, se fiche des divisions politiciennes : « La ville est sale, pas entretenue, les murs sont tagués … La Métropole et la mairie n’ont qu’à s’entendre. Je ne m’intéresse pas trop à la politique mais ce qui compte, c’est le constat que la ville part en décrépitude. »

D’autres n’ont toujours pas digéré le « switch » après les élections municipales de 2020, lorsque Benoît Payan, alors premier adjoint de Michèle Rubirola, a échangé sa place avec cette dernière. « Je suis déçue parce que j’ai voté pour une femme écolo et médecin et que je me retrouve avec un maire, un homme socialiste. Cela a été l’arnaque de l’année, je pense qu’on s’est fait avoir… Après il a fait des choses sympas pour la ville : le feu d’artifice était très beau, les jeux olympiques aussi » nuance Joëlle.

Du côté de l’opposition, la candidature de Benoît Payan n’a pas manqué de faire réagir. Interrogée à l’occasion de l’inauguration de l’extensions du tramway T3, la présidente de la Métropole Aix-Marseille Martine Vassal s’est contentée d’un commentaire sobre : : « Enfin, on va pouvoir parler de projets ! » répond ainsi candidate des Républicains, Renaissance et Horizons.

De nombreuses personnalités de la droite locale ont également réagi sur les réseaux sociaux. « Benoit Payan, isolé et aux abois, précipite sa candidature aux municipales. Quatre pages de vide sidéral ne changent rien au bilan du + mauvais maire de l’histoire de Marseille ! » écrit ainsi sur X (ex-Twitter) le collectif d’union de la droite et du centre Une génération pour Marseille.

Lors de sa déclaration de candidature devant la presse ce samedi 10 janvier, le maire sortant, interrogé par France 3 Provence-Alpes, a clairement ciblé le Rassemblement national comme adversaire principal : « on voit bien que les gens ont cette tentative de repli, qu’on a peur de l’autre. […] Comment accepter que la ville soit gouvernée par ceux qui vont la faire reculer, qui propagent cette division ? »

Des propos qui ont fait bondir l’extrême-droite locale. Dans un communiqué, le candidat Rassemblement national Franck Allisio répond : « Je condamne fermement les propos insultants à l’égard d’une bonne moitié des Marseillais que Benoit Payan vient de tenir à l’occasion de son annonce de candidature à la mairie de Marseille […] Je somme le candidat Benoit Payan de ne pas dégueulasser ni cette campagne, ni les Marseillais, dont un sur deux a fait le choix d’un bulletin Rassemblement national et UDR lors des dernières élections. »

Les candidats ont jusqu’au 26 février pour déposer leur candidature en préfecture. Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochain.