Par
Rédaction Lyon
Publié le
10 janv. 2026 à 19h30
Une mère de famille a demandé ce mardi 6 janvier 2026 au tribunal administratif de Lyon de condamner les Hôpitaux Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône et les Hospices Civils de Lyon à l’indemniser après le décès de son nouveau-né il y a treize ans.
Le fils d’Anne X., né le 1er novembre 2012 à l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, était en fait porteur d’une galactosémie congénitale : cette maladie, qui touche un bébé sur 75.000, se caractérise par l’impossibilité pour l’organisme de transformer correctement un sucre du lait, ce qui entraîne son accumulation toxique dès les premiers jours de vie.
Le mauvais lait donné à l’hôpital
Alors que la progression de la maladie ne peut être stoppée que par l’absence totale de consommation de lait infantile ou de vache, le bébé avait reçu du « lait normal » au cours de ses douze premiers jours de vie, ce qui lui avait provoqué de « graves dysfonctionnements, notamment au niveau des reins ».
Il était finalement mort d’une « nécrose » le 15 novembre 2012.
La mère demande des dédommagements financiers
Estimant que cette maladie « aurait dû être envisagée plus rapidement au regard des symptômes » et que son fils aurait dû être « transféré plus tôt vers un service de réanimation pédiatrique », Anne X. a saisi le tribunal administratif de Lyon pour obtenir près de 28.000 € de dédommagements de la part de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône et des Hospices civils de Lyon (HCL). La mère de famille demande aussi 4.500 € pour ses frais de justice.
Mais, lors de l’audience publique ce mardi 6 janvier 2026, la rapporteure publique a estimé que les médecins n’avaient pas commis de faute « dans le délai de diagnostic en raison de la rareté de la maladie et de la difficulté à la diagnostiquer ». D’ailleurs, cet enfant né prématurément avait dans un premier temps suivi un « traitement par photothérapie » en raison de la « jaunisse » qu’il avait présentée à la naissance. Il avait ensuite été transféré dans le « service néonatologie » le 6 novembre 2012 en raison « du développement » de cette maladie.
Une maladie « rare » et « difficile » à diagnostiquer
Les médecins auraient dû « adopter une attitude prudente à compter du septième jour », a convenu la magistrate, dont les avis sont souvent suivis par les juges : la « persistance des symptômes » aurait dû les « orienter vers une pathologie métabolique » et donc les conduire à une « modification de l’alimentation » du bébé. Reste qu’il n’y a « pas de preuve d’un défaut de vigilance » à partir de ce moment-là.
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Des « taux d’ammoniaque très importants » – voire « toxiques » – avaient pourtant été relevés à partir le onzième jour : le nouveau-né avait donc été transféré à l’hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) de Bron le lendemain, et « l’arrêt en urgence du lactose » avait cette fois-ci été décidé. Ce n’est donc que onze jours après sa naissance que la galactosémie congénitale de l’enfant avait été diagnostiquée, malgré « un état clinique franchement anormal dès le 10 novembre ».
Si les médecins ont effectivement « commis une faute en n’arrêtant pas l’alimentation en lactose plus tôt et en ne décidant pas immédiatement du transfert du nouveau-né vers un établissement avec des équipements adaptés », l’expertise a établi que « le changement d’alimentation au douzième jour n’aurait pas permis aux défenses immunitaires de se reformer suffisamment ».
Les hôpitaux pourraient échapper à toute condamnation
La rapporteure publique a donc estimé que « la responsabilité des hôpitaux Nord-Ouest ne peut être engagée ». Quant à la responsabilité des HCL, « le seul manquement de prudence dans la reprise d’une alimentation complète du nourrisson ne permet pas de retenir une faute », considère la magistrate. « A son arrivée, le bébé a été mis à jeûn jusqu’au diagnostic, il n’y a eu aucun manquement aux règles de l’art. »
Elle a donc proposé de rejeter la requête de la mère de famille, qui n’était ni présente ni représentée par un avocat au cours de l’audience. Le tribunal administratif de Lyon rendra son jugement dans les prochaines semaines.
MJ et GF (PressPepper)
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