Jacques Moretti a été auditionné vendredi par le ministère public du Valais. Il a expliqué avoir à son arrivée au bar juste après l’incendie « forcé cette porte » parce qu’elle était « verrouillée de l’intérieur », selon des extraits de procès-verbaux publiés par plusieurs médias français et suisses, dont l’authenticité a été confirmée.
Bougies étincelantes ou « quelque chose d’autre » ?
Jacques Moretti, placé en détention provisoire après cette audition, a affirmé face aux enquêteurs qu’il s’agissait d’une « porte de service » et qu’elle « n’est pas indiquée comme sortie de secours ». Il raconte avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière cette porte après l’avoir ouverte.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation.
« Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un ‘‘scintillant’’ [ou bougie ‘‘fontaine’’, NDLR] », a expliqué de son côté Jessica Moretti, son épouse et co-propriétaire, ressortie libre de l’audition de vendredi. « Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de soucis », a assuré Jacques Moretti. Selon lui il « n’est pas impossible » que ces bougies aient causé l’incendie, mais il estime qu’il « doit y avoir quelque chose d’autre ». Ces bougies « n’étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J’avais fait des tests », a-t-il soutenu.
« Un dysfonctionnement » ?
La nature de cette mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l’achat de l’établissement en 2015.
Au sujet de la présence de nombreux adolescents mineurs dans le bar au moment de la tragédie, Jacques Moretti a indiqué que l’établissement avait « interdiction d’accepter des personnes de moins de 16 ans » et que les clients de 16 à 18 ans devaient « être accompagnés d’un majeur ». Il a assuré avoir donné ces « consignes » au personnel de sécurité, mais a reconnu qu’« il n’est pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement ».