À l’extérieur, les dirigeants du Rassemblement national la jouent modeste. Inutile de rouler des mécaniques avant les élections municipales dans un contexte si favorable à Marine Le Pen et Jordan Bardella.
C’est le meilleur moyen d’éviter la désillusion. Le RN se souvient du même scrutin en 2020, des régionales de 2021, mais aussi des législatives de 2024, fructueuses en nombre de sièges gagnés mais minées par les polémiques autour de candidats racistes, antisémites ou incompétents. En privé, le proche conseiller lepéniste Renaud Labaye note toutefois : sur le terrain, les Français ont « envie de voter ».
Dans combien de villes de plus de 10.000 habitants cela se traduira-t-il par des victoires pour le parti à la flamme ? C’est la question que se posent les observateurs politiques, habitués à ce que les électeurs décorrèlent le local du national. Les zones de force du frontisme – Hauts-de-France, Grand-Est, Provence-Alpes-Côte d’Azur – pourraient être le théâtre de plusieurs conquêtes, dopées par l’insécurité et le rejet de l’immigration. Faire élire des conseillers municipaux qui, quelques mois plus tard, voteront aux sénatoriales est une chose ; planter des drapeaux symboliques en est une autre.