Daniel Balavoine s’emporte. Longs cheveux bruns bouclés, blouson en cuir marron et chemise en jean, le chanteur détone sur le plateau. Mitterrand lui cède la parole. La voix ferme, mais où l’on perçoit son stress, il dénonce les conditions d’accueil des travailleurs immigrés, la détresse des jeunes qui se sentent abandonnés. « Ce que je peux vous dire, c’est que la jeunesse se désespère, qu’elle n’a plus d’appui, elle ne croit plus en la politique française et je pense qu’elle a, en résumant un peu, bien raison, poursuit l’artiste du haut de ses 28 ans. Le désespoir est mobilisateur et quand il est mobilisateur, il devient dangereux. » Son coup de gueule est un moment de télévision.