Publié le
11 janv. 2026 à 7h32
« Un bébé, encore avec son cordon ombilical, a été découvert, hier après-midi, dans un pré, dans la banlieue bordelaise. » C’est ce qu’on peut lire dans un article publié par nos confrères de Sud Ouest lundi 16 septembre 1991. Adopté quatre mois plus tard « par une famille aimante », ce bébé est aujourd’hui une maman de 34 ans, résidente de Fargues-Saint-Hilaire. Marie Martos a « sauté le pas » en décembre dernier et lancé un appel sur les réseaux pour retrouver sa famille biologique.
Un bébé nu, le cordon ombilical toujours attaché
Depuis plusieurs années, un test ADN attendait Marie dans un tiroir. « J’ai toujours été au courant de mon adoption. Un jour, ma maman m’avait offert le test au cas où j’en ressentirai l’envie. Entre-temps, j’ai eu deux enfants et je me suis dit que c’était le moment d’avoir des réponses à certaines questions. »
Déjà, lorsqu’elle était ado, Marie avait déjà demandé son dossier auprès de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). « C’est là que j’ai découvert le premier article reprenant le fait divers ». Elle y lit qu’elle a été retrouvée vers 17 heures, le cordon ombilical toujours attaché, par une promeneuse dans un pré à côté de « la cité populaire le Grand-Pavois » à Cenon.
Dans le dossier, elle trouve aussi le procès-verbal avec l’adresse, l’heure et le lieu de sa découverte. Ainsi que le nom de la promeneuse. Marie l’a retrouvée et elles sont toujours en contact quelques années plus tard. « Ce jour-là, elle revenait de chez ses beaux-parents et promenait son chien dans le pré quand elle a entendu des pleurs. Elle s’est approchée et m’a vue recouverte de liquide amniotique avec des guêpes qui tournaient autour. Elle les a chassées. »
« Ce n’est pas un champ en pleine campagne, c’était à Cenon à cent mètres de nombreuses habitations, tient à préciser Marie Martos. Je n’ai pas failli être mangée par des loups comme certains ont pu l’écrire. »
Elle ne s’est pas arrêtée là : Marie a depuis récupéré deux autres coupures de presse mentionnant son cas. « L’un parle d’un appel au commissariat le lendemain de ma découverte. Une femme aurait voulu qu’on lui rende sa petite fille. Mais ils ne savaient pas vraiment si c’était lié à mon affaire, elle avait raccroché trop vite ». Le second fait le point sur l’enquête. « Il mentionne une voiture qui aurait été aperçue, mais pas grand-chose de plus ».
Où est le dossier de l’enquête ?
Le test MyHeritage doit lui donner le pourcentage de ses origines et lui envoyer des matchs avec les liens de filiation possibles. Elle attend les réponses d’ici le 26 janvier. En parallèle, Marie s’est rapprochée du commissariat de police de Cenon. « Ce n’est pas eux qui ont traité l’affaire à l’époque, ils m’ont dit de contacter la police nationale. J’ai été renvoyée au procureur de Bordeaux pour avoir accès au dossier et j’ai dû relancer jusqu’à ce qu’on me dise que le bon interlocuteur, ce sont les archives vu les dates de l’affaire. J’ai fait la demande récemment et j’attends leur retour sous les deux mois. »
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
D’ici là, Marie a publié sa recherche sur les réseaux sociaux, les articles d’époque à l’appui. « Pas mal de personnes m’ont écrit, certaines travaillent dans le médical et ont affirmé qu’elles en parleraient autour d’elles. » Pour l’instant, rien.

Coupures Sud Ouest mentionnant le cas de Marie Martos en 1991. (©archives Sud Ouest 1991 / Document transmis à actu Bordeaux)
Pourtant, Marie l’assure, « ce n’est pas un besoin viscéral ». Si elle s’est lancée dans sa quête en fin d’année, c’était simplement le moment. Dans sa publication Facebook du 17 décembre, la mère de famille soulignait ne pas vouloir « de jugement sur ma mère biologique ». Après avoir accepté la médiatisation de son affaire et lu un certain nombre de commentaires, elle ajoute auprès d’actu Bordeaux : « Je ne renie pas ma famille adoptive, elle me soutient dans mes recherches ».
J’aimerais savoir ce qu’il s’est passé, forcément on se pose des questions. A qui je ressemble ? Est-ce qu’elle pouvait prendre soin de moi ou pas ? Est-ce qu’on l’a forcée à m’abandonner ? Était ce un geste désespéré ? On peut tout imaginer.
Marie Martos
Girondine à la recherche de ses origines
Les interrogations restent nombreuses, notamment en ce qui concerne la santé. « À chaque rendez-vous médical, on me demande mes antécédents familiaux et je dois répondre que je ne sais pas. Ils partent du principe que tout va bien, mais il y a peut-être des facteurs biologiques à prendre en considération. » Une question qui se pose d’autant plus depuis qu’elle est devenue maman.
En attendant les résultats du test ADN et des archives, elle espère que quiconque se souvienne de quelque chose la contacte. « Ce n’est pas une quête absolue, on verra bien ce que ça donne, conclut-elle sereinement. J’ai 34 ans et je suis entourée d’une famille qui m’aime. J’ai encaissé tout ça il y a plusieurs années. Je ne veux rien de ma mère biologique, ma vie est faite, je veux juste comprendre. »
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.