Pendant longtemps, Gmail a été utilisé comme une grande boîte aux lettres universelle. On pouvait y faire arriver des messages venant d’adresses Hotmail, Yahoo, AOL ou professionnelles, grâce au protocole POP3. POP3, pour le dire simplement, fonctionne comme un aspirateur : Gmail se connecte à un autre serveur mail, télécharge les nouveaux messages, puis les range dans votre boîte Gmail. Une fois aspirés, ces e-mails deviennent des messages Gmail « comme les autres » : mêmes filtres, même antispam, même recherche. C’est précisément cette fonction qui disparaît.

La fin de l’aspirateur à emails de Gmail

L’IMAP, souvent cité comme alternative, repose sur une logique très différente. Là où POP3 rapatrie les messages, IMAP agit comme une fenêtre distante. Les e-mails restent stockés sur le serveur d’origine, et le client (Gmail, une app mobile ou un logiciel) ne fait que les afficher. On lit, on classe, on supprime, mais tout se passe sur le serveur externe. D’où la confusion : Gmail continuera bien à afficher des comptes IMAP, mais sans jamais importer leurs messages dans votre boîte Gmail principale. Pas de fusion, pas de filtrage unifié, pas de magie.

Officiellement, Google ne s’est pas beaucoup étendu sur les raisons de cette décision. Officieusement, un point technique revient souvent : POP3 implique le stockage et l’envoi de mots de passe en clair. Une pratique de moins en moins tolérée à l’heure de l’authentification renforcée et des clés de sécurité. Vu sous cet angle, la décision est cohérente. Mais elle tombe mal pour celles et ceux qui avaient bâti des usages solides autour de cette fonction. Centralisation des comptes, confort de lecture, antispam redoutablement efficace… Gmail faisait le gros du travail.

Pour les utilisateurs pro ou en entreprises, la seule alternative vraiment viable est de revenir à un hébergement maison en IMAP. Chaque employé disposerait de son propre compte sur un serveur interne, consultable via l’application Gmail ou un autre client. Mais ce choix implique de tout reprendre à sa charge : stockage massif, gestion des quotas, filtrage antispam moins efficace que celui de Gmail, et une maintenance quotidienne autrement plus lourde. C’est une marche arrière technique, coûteuse en temps et en énergie, loin de la promesse de simplicité qui avait fait le succès de Gmail comme boîte aux lettres universelle.

Pour beaucoup d’utilisateurs « grand public », l’impact sera limité. Mais pour ceux qui utilisaient Gmail comme centre de contrôle de plusieurs adresses, le changement est réel. La solution la plus simple consiste souvent à revenir à un client mail local, comme Thunderbird, capable de gérer POP3, IMAP et bien d’autres protocoles sans dépendre des décisions d’un service en ligne.

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