Les victimes souhaitent déposer plainte avec constitution de partie civile, entraînant de facto la désignation d’un juge d’instruction.

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Publié le 10/01/2026 21:08

Temps de lecture : 3min

Des gendarmes mobiles lors d'une manifestation pour protester contre la construction d'une nouvelle réserve d'eau destinée à l'irrigation agricole, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 25 mars 2023. (THIBAUD MORITZ / AFP)

Des gendarmes mobiles lors d’une manifestation pour protester contre la construction d’une nouvelle réserve d’eau destinée à l’irrigation agricole, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 25 mars 2023. (THIBAUD MORITZ / AFP)

Ils ne comptent pas s’arrêter là. Des manifestants grièvement blessés par des gendarmes en mars 2023 lors d’un rassemblement antibassines interdit, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), ont confirmé, samedi 10 janvier, vouloir « redéposer » plainte, cette fois avec constitution de partie civile, après classement sans suite de leurs plaintes par le parquet début décembre.

Lors d’une réunion publique rassemblant 200 personnes à Poitiers, Mickaël Boulay, qui a passé dix jours dans le coma, et les parents de Serge Duteuil-Graziani, resté lui inconscient pendant deux mois, ont affiché leur détermination à « rouvrir le dossier » avec une plainte « sous huit jours ».

Le procureur de Rennes avait décidé de ce classement sans suite après deux ans et demi d’enquête préliminaire sur les violences dénoncées par une femme et trois hommes. Ils avaient participé au rassemblement de plusieurs milliers de personnes contre ces réserves d’irrigation controversées, qui avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes.

« On redépose une plainte, une plainte à laquelle s’associe cette fois Serge, parce que la première fois, il était dans le coma », a déclaré à l’AFPTV son père Jean-Pierre Duteuil.

« Le procureur a clos le dossier. Nous, on considère que vu les données nouvelles, on ne peut pas clore », a-t-il fait valoir, faisant allusion aux vidéos révélées par Libération et Mediapart montrant des gendarmes encourager des « tirs tendus » de grenades en direction de manifestants et d’autres se réjouir des blessures occasionnées.

Son fils souffre d’un « problème de vision » et d’audition, a-t-il dit. Mickaël Boulay, lui, a souffert d’une hémorragie cérébrale et connaît encore des troubles de la mémoire. « Dix jours de coma et une artère bouchée à cause du gouvernement », a-t-il résumé. « Sainte-Soline, c’était un guet-apens. Trop de violences policières pour un trou-vide », a-t-il dénoncé.

Pour l’une des plaintes classées, le parquet a considéré que le tir de grenade incriminé était « conforme aux règles d’emploi ». Pour les trois autres tirs, le procureur a estimé qu’ils étaient « non conformes », mais pouvaient se « justifier » au regard du contexte « ultraviolent », ajoutant que leurs auteurs n’avaient pas pu être identifiés « avec certitude ». Le parquet a par ailleurs ouvert une information judiciaire sur d’autres « tirs tendus ».

Une plainte avec constitution de partie civile entraîne la désignation d’un juge d’instruction, alimentant « l’espoir » face à des enquêteurs et une justice « défaillants », a déclaré Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines Non Merci. Il a lancé un « appel national » pour organiser le 25 mars prochain, date anniversaire de la manifestation, de nouvelles « méga-boums », rassemblements militants devant les gendarmeries, préfectures et ministères.