Autoroutes coupées, cols fermés, voitures plantées dans la
poudreuse : à chaque épisode de neige, la même
question revient. Faut-il mieux une voiture
électrique
ou une voiture thermique pour affronter
l’hiver, surtout quand les températures plongent sous zéro et que
la route se transforme en patinoire ?

Les idées reçues sont solides : d’un côté, l’électrique accusée
de perdre toute autonomie, de l’autre, le thermique perçu comme
indestructible au froid. La réalité est plus nuancée, chiffres à
l’appui, et elle touche autant l’autonomie en
hiver
que la motricité, le chauffage ou la capacité à
tenir dans un bouchon sous la neige.

Autonomie : voiture électrique ou thermique sous la neige
?

Selon SuisseEnergie, une voiture électrique consomme en moyenne
10 à 30 % d’énergie en plus l’hiver, avec des hausses pouvant
atteindre 50 % par températures négatives sur de courts trajets. Le
chauffage de l’habitacle à lui seul ajoute 10 à 20 % de
consommation, les pneus hiver 5 à 10 %, et la batterie froide perd
une partie de sa capacité utile.

Les voitures thermiques ne sont pas épargnées. D’après Green
NCAP, la consommation augmente d’environ 15 % pour l’essence et 24
% pour le diesel en hiver. Sur un long trajet autoroutier par -5
°C, une électrique peut perdre 15 à 25 % d’autonomie réelle, un
thermique vide son réservoir plus vite ; la différence se joue
ensuite surtout sur le coût au kilomètre.

Motricité et confort en hiver : qui s’en sort le mieux ?

Sur neige, le comportement tient d’abord aux pneus
hiver
. Une électrique, plus lourde mais avec une batterie
dans le plancher, offre un centre de gravité très bas, donc une
bonne stabilité. Son couple instantané exige un antipatinage
efficace, mais avec des pneus adaptés et parfois des roues plus
petites et plus étroites, l’adhérence reste au rendez-vous.

Côté confort, l’avantage du thermique est clair : la chaleur du
moteur sert à chauffer presque « gratuitement » l’habitacle.
L’électrique, elle, doit puiser dans la batterie : le chauffage
général consomme 10 à 30 fois plus d’électricité que les sièges et
le volant chauffants. Une pompe à chaleur limite la casse et peut
ajouter 15 à 20 km d’autonomie en conditions froides.

Blocage sous la neige et recharge : les
forces cachées de l’électrique

En cas de bouchon géant sous la neige, les tests montrent qu’une
électrique tient longtemps chauffage allumé. Des modèles compacts
ont pu rester entre 15 et 17 heures à environ 22 °C avec encore 20
à 30 % de batterie. Avec une pompe à chaleur consommant près de 1
kWh par heure, une batterie de 60 kWh à moitié pleine peut assurer
plus de 30 heures de chauffage à l’arrêt.

La recharge est ralentie par le froid, le système limitant la
puissance tant que la batterie n’a pas atteint autour de 30 °C. Une
étude finlandaise indique qu’à -10 °C, la charge rapide n’est en
moyenne que 15 % plus lente qu’à +20 °C. L’astuce consiste à lancer
une charge rapide juste après avoir roulé, tout en profitant du
préchauffage branché pour partir chaque matin avec une batterie
chaude et un habitacle déjà tempéré.