Depuis que l’Ukraine a autorisé les hommes de 18 à 22 ans à quitter le pays fin août 2025, des milliers de jeunes profitent de cette ouverture des frontières pour s’en aller et nombre d’entre eux se dirigent vers l’Allemagne pour y trouver un refuge loin de la guerre.
Selon les chiffres officiels des autorités ukrainiennes, 1000 jeunes quittent chaque semaine le pays, contre une centaine auparavant. A Berlin et dans les Länder voisins, cette hausse se traduit par un afflux visible de personnes à la recherche d’une vie en sécurité. Depuis le mois de septembre, environ 40 jeunes arrivent chaque jour dans la capitale allemande.
Et depuis que la réglementation a été modifiée, le profil des réfugiés a changé: ce sont de plus en plus des jeunes épuisés par la guerre et qui craignent d’être enrôlés.
Trois jeunes réfugiés ukrainiens récemment arrivés en Allemagne. Prendre un nouveau départ
Danylo et Khaled ont quitté l’Ukraine dans la précipitation il y a trois mois. Ils se trouvent désormais en Allemagne où, loin des alertes aériennes et de la guerre, ils tentent de prendre un nouveau départ. Ils ont pour l’heure trouvé refuge dans un centre de conseils pour réfugiés à Berlin.
« Dès que l’occasion s’est présentée, j’ai immédiatement acheté des billets et je suis venu ici, car je n’avais pas beaucoup de temps. Il me restait deux jours avant mon 23e anniversaire », confie Khaled dans le 19h30.
Dès que la guerre sera finie, bien sûr que je retournerai en Ukraine
Kiril, réfugié ukrainien
« Mes sentiments sont mitigés, car nombre de mes amis sont encore là-bas et ne peuvent pas quitter l’Ukraine, parce qu’ils sont dans l’armée et servent le pays. Mais toute ma famille et mes amis m’ont dit de partir, de quitter le pays tant que c’était encore possible », relève pour sa part Danylo.
Et même s’ils ont fait le choix de quitter l’Ukraine, ces jeunes ont toujours l’attention focalisée sur leur pays. « C’est la guerre en Ukraine, il n’y a plus rien à faire là-bas. Il n’y a pas de travail, rien. Mais dès que la guerre sera finie, bien sûr que je retournerai en Ukraine », assure Kiril, arrivé de Dnipro avec son amie.
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Kiev plongé dans le froid après des frappes russes / 19h30 / 1 min. / aujourd’hui à 19:30 Un nouvel exode attendu
Dans la capitale allemande, Elina Waehner, la coordonnatrice du centre de conseils, aide les réfugiés dans leurs démarches administratives. « Tous ces jeunes qui arrivent ont encore toute la vie devant eux. Et maintenant, ils font face à des choix cruciaux: est-ce que je reprends des études, est-ce que je cherche un emploi, comment se réorienter professionnellement dans ce nouveau pays? », explique-t-elle.
Tout le monde n’a pas l’âme d’un héros de guerre
Sascha Langenbach, porte-parole de l’office pour les réfugiés de la ville de Berlin
Face à cet afflux, les autorités augmentent leur capacité d’accueil et se préparent à un nouvel exode. Sascha Langenbach, porte-parole de l’office pour les réfugiés de la ville de Berlin, relève que « ces dernières années, on a surtout vu des familles avec des petits enfants et maintenant ce sont surtout des jeunes qui ont l’âge de mes enfants à moi. C’est comme ça, tout le monde n’a pas l’âme d’un héros de guerre. »
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Reportage TV: Anne Mailliet
Texte web: Frédéric Boillat
Kiril, réfugié ukrainien
Sascha Langenbach, porte-parole de l’office pour les réfugiés de la ville de Berlin