Son fondateur stéphanois Christophe Fargier a obtenu le placement en procédure de sauvegarde le 23 décembre 2025, une mesure préventive destinée à éviter la cessation de paiement et restructurer les finances de l’entreprise. Dans son communiqué, le groupe pointe plusieurs facteurs explicatifs : la baisse du chiffre d’affaires et de la fréquentation dans ses restaurants, conséquences d’un contexte macro-économique contraint marqué par la pandémie de Covid, la crise ukrainienne et la baisse du pouvoir d’achat. Ces difficultés structurelles affectent l’ensemble du secteur de la restauration depuis 2020.

Les établissements ligériens épargnés

Bonne nouvelle pour la Loire : les deux établissements du département, ouverts en 2019 à Saint-Étienne et Andrézieux-Bouthéon, ne sont pas concernés par la procédure de sauvegarde. Ils poursuivent leur activité normalement, signe que ces implantations récentes maintiennent une santé financière satisfaisante malgré le contexte difficile. La procédure de sauvegarde concerne spécifiquement quatre structures du groupe : Ninkasi Entreprises, Ninkasi Ale House, Ninkasi immobilière et Ninkasi Fabriques à Tarare. Cette dernière, une nouvelle unité de production de bières artisanales, représente un investissement colossal de 32 millions d’euros qui pèse lourdement sur les finances du groupe.

Un investissement industriel qui plombe les comptes

La fabrique de Tarare explique le dilemme du groupe : pour maintenir son statut de pionnier de la bière artisanale française, Ninkasi a misé gros sur l’outil de production. Ces 32 millions d’euros investis dans un contexte de baisse d’activité créent un déséquilibre financier nécessitant une restructuration.

Depuis l’ouverture du premier bar Ninkasi à Lyon en 1997, le groupe n’a cessé de croître pour atteindre 24 établissements dans la région. Cette expansion rapide, combinée aux investissements industriels récents, explique en partie les tensions financières actuelles dans un marché devenu moins porteur.

Une procédure de six mois pour se restructurer

La procédure de sauvegarde, valable six mois et renouvelable une fois, offre au groupe un répit pour réorganiser ses activités et renégocier ses dettes sans risquer la faillite. Cette protection juridique permet de maintenir l’emploi et l’activité tout en cherchant des solutions pérennes.

Malgré les difficultés, la direction se veut rassurante dans le communiqué : « La stratégie de développement du groupe Ninkasi demeure inchangée, les perspectives 2026 sont encourageantes et les équipes très engagées et soudées. » Ce message vise à maintenir la confiance des salariés, fournisseurs et clients durant cette période délicate.