Pour la première fois depuis son arrivée au RCT, Tomás Albornoz a débuté un match dans la peau du titulaire. Le choix de Pierre Mignoni était fort : lancer l’Argentin dès le coup d’envoi lors d’un duel européen déterminant face au Munster. Le contexte n’était pas léger — Toulon devait gagner, se rassurer, et le Munster n’est pas exactement un adversaire indulgent.
Rapidement, le Puma a découvert à quel point la Champions Cup pouvait ressembler à un crash-test grandeur nature.
Un début de match compliqué
La première mi-temps s’est jouée au rythme du Munster. Organisation serrée, pressing défensif précis, et un RCT qui a peiné à enchaîner ses lancements. Les automatismes entre Albornoz et la ligne de trois-quarts se sont fait attendre : timing cassé, passes hésitantes, fautes de main… autant de détails qui ont gelé les intentions de jeu varoises.
Comme si cela ne suffisait pas, l’Argentin a pris un plaquage haut et a dû provisoirement quitter le terrain pour un protocole commotion avant d’être autorisé à revenir. Marqué au visage mais déterminé, il a repris sa place pour une seconde période bien plus animée.
Un match qui se retourne, mais qui se complique encore
Sous l’impulsion des avants, Toulon a fini par prendre l’avantage. Le RCT a trouvé du rythme dans le combat, grattant des ballons et avançant dans l’axe. Mais l’indiscipline a tout gâché : pénalités concédées, cartons, occupation perdue… et le Munster est revenu. Puis il est passé devant.
Le moment symbolique est arrivé à l’entrée des dix dernières minutes : Toulon récupère une touche dans ses 22 mètres, Albornoz veut dégager… mais son coup de pied est contré. Derrière, après quelques temps de jeu, Tom Farrell file aplatir en coin, servi par Alex Nankivell, qui venait de gagner son duel direct avec… Albornoz. Une action qui pique.
Une fin de match très proche du carton plein
Heureusement pour Toulon, Marius Domon — élu homme du match — a remis les siens devant grâce à son 100 % au pied. Mayol s’est enflammé, et les Rouge et Noir se sont lancés à la quête d’un quatrième essai qui aurait donné le bonus offensif et enlevé un point au Munster.
Après un pilonnage longue durée sur la ligne irlandaise, Albornoz a vu son moment arriver. Il demande le ballon au demi de mêlée. Il insiste. Il veut conclure l’histoire. Il attaque la ligne… mais oublie ses soutiens, pourtant disponibles à l’extérieur. Il n’est pas loin de finir, mais se fait empêcher d’aplatir dans le dernier geste. Fin du match. Fin de l’histoire.
Une première qui laisse un goût amer
Au final, Toulon gagne un match qui aurait pu tourner dans l’autre sens (27-25), mais son ouvreur repart avec une sensation inachevée. Entre courage, erreurs coûteuses et opportunités manquées, cette première titularisation laissera des traces — et peut-être de précieux enseignements.