La Grande-Bretagne discute avec ses alliés de l’OTAN des moyens de renforcer la sécurité dans l’Arctique afin de contrer les menaces provenant de la Russie et de la Chine.

La ministre des Transports, Heidi Alexander, a déclaré dimanche que ces discussions s’inscrivaient dans le cadre des activités habituelles et ne constituaient pas une réponse aux récentes menaces de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland.

Vendredi, le président américain a déclaré qu’il souhaitait conclure un accord pour acquérir le Groenland, une région semi-autonome du Danemark, allié de l’OTAN, afin d’empêcher la Russie ou la Chine de s’en emparer.

«Nous allons faire quelque chose au Groenland, qu’ils le veuillent ou non», a assuré Donald Trump.

Le Groenland, qui compte environ 57 000 habitants, est défendu par le Danemark, dont l’armée est largement inférieure à celle des États-Unis, qui disposent d’ailleurs d’une base militaire sur l’île.

Le premier ministre danois a averti qu’une prise de contrôle menacerait l’OTAN.

Le Royaume-Uni partage l’avis du président des États-Unis selon lequel la Russie et la Chine sont de plus en plus présentes dans le cercle arctique.

«Même si nous n’avons pas encore vu dans cette partie du monde les conséquences désastreuses que nous avons observées en Ukraine, il est vraiment important que nous fassions tout notre possible avec nos alliés de l’OTAN pour nous assurer que nous disposons d’un moyen de dissuasion efficace dans cette partie du globe contre le président russe Vladimir Poutine», a déclaré Mme Alexander à la BBC.

L’ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, qui a été limogé l’année dernière en raison de son amitié avec le financier déchu Jeffrey Epstein, a affirmé qu’il ne pensait pas que Donald Trump prendrait le Groenland par la force.

«Il n’est pas idiot. Nous allons tous devoir prendre conscience de la nécessité de sécuriser l’Arctique contre la Chine et la Russie. Si vous me demandez qui va mener cet effort de sécurisation, nous savons tous que ce sera les États-Unis», a déclaré M. Mandelson.

Ed Davey, chef du Parti libéral-démocrate, a suggéré que la Grande-Bretagne déploie des troupes au Groenland dans le cadre d’un commandement conjoint avec le Danemark.

«Si Donald Trump prend la sécurité au sérieux, il acceptera de participer et renoncera à ses menaces scandaleuses. Briser l’alliance de l’OTAN ne ferait que jouer le jeu de Vladimir Poutine», a indiqué M. Davey.

Pour l’instant, on ignore comment les autres pays membres de l’OTAN réagiraient si les États-Unis décidaient de prendre le contrôle du Groenland par la force. On ne sait pas s’ils viendraient en aide au Danemark.