Le géant allemand de la mode en ligne Zalando a annoncé ce jeudi la fermeture de son site d’Erfurt, dans l’est du pays, qui emploie 2 700 personnes, afin de remodeler son réseau logistique européen face à la rude concurrence chinoise. Ce centre de distribution, qui représente près d’un sixième des employés de Zalando et constituait un « pilier logistique crucial », cessera toute activité d’ici fin septembre, selon un communiqué. Trois autres entrepôts à l’étranger, exploités par des prestataires externes, seront aussi fermés.

Fondé en 2008, ce groupe phare en Europe de la vente en ligne de vêtements emploie 16 000 personnes, dont près de la moitié dans la capitale allemande. Selon Zalando, ce plan lui permettra de poursuivre sa stratégie de croissance, avec une hausse annuelle de 5 à 10 % des ventes réalisées sur son site et de son chiffre d’affaires. A terme, le groupe comptera 14 centres de distribution, contre 12 aujourd’hui, répartis dans sep pays. Il devrait ouvrir à l’été un site à Giessen, dans l’ouest de l’Allemagne, employant 1 700 personnes. « Nous continuerons d’investir dans des technologies logistiques de pointe, l’automatisation et des pratiques plus durables à travers notre réseau logistique paneuropéen », ajoute l’entreprise cotée à la Bourse de Francfort. Vers midi, les investisseurs réagissaient froidement à cette annonce et l’action perdait 2,35 % dans un indice Dax en recul de 0,09 %.

Concurrence des plateformes chinoises

Zalando doit aujourd’hui composer avec la rude concurrence des plateformes chinoises comme Shein et Temu, qui renouvellent sans cesse leurs produits à des prix cassés et pénètrent sans mal le marché européen. Pour mieux rivaliser, Zalando avait racheté l’an dernier son rival hambourgeois About you pour 1,1 milliards d’euros.

En 2023, le groupe avait aussi supprimé plusieurs centaines d’emplois dans des branches ayant connu une croissance trop rapide, à l’image d’autres mastodontes du secteur. Si le communiqué de Zalando mentionne aussi la question de l’automatisation des systèmes, il n’aborde pas celle l’Intelligence artificielle qui a conduit à des suppressions de poste ailleurs, à l’instar du géant américain du commerce en ligne Amazon.