Les statues de l’Église et de la Synagogue du portail sud de la Cathédrale de Strasbourg comptent parmi les plus remarquables chefs-d’œuvre de la sculpture médiévale. L’élégance des visages, la finesse des drapés, la dynamique des corps ainsi que l’exécution en ronde-bosse évoquent en effet irrésistiblement l’héritage de l’art antique.

Leur sculpteur évoluait manifestement dans un milieu où l’étude des œuvres antiques nourrit la recherche de naturalisme, de proportions justes et de mouvement. Probablement passé par le chantier de la Cathédrale de Chartres, il introduisit à Strasbourg un langage plastique novateur, marqué par le détachement des figures de la paroi et par une conception renouvelée de la ronde-bosse.

Une conférence à retrouver au Münsterhof

Toutefois, loin de copier servilement des modèles antiques précis, il en assimila les principes généraux – traitement de l’anatomie, organisation des drapés, torsion du corps – pour les réinterpréter de manière originale. Cette appropriation sélective aboutit à un style personnel, à la fois ancré dans l’Antiquité et résolument novateur, illustrant le processus d’émulation qui caractérise le style 1200.

Laurence Terrier Aliferis est professeure titulaire d’histoire de l’art médiéval et de muséologie depuis août 2024 à l’université de Neuchâtel. Depuis sa thèse de doctorat consacrée à l’imitation de l’Antiquité dans le style 1200, ses recherches portent notamment sur la transmission du patrimoine antique durant le Moyen Âge. En témoigne, entre autres, sa participation à l’exposition “Strasbourg 1200-1230 La révolution gothique”.

Mercredi 21 janvier à 18 h au Münsterhof, 9 rue des Juifs, Strasbourg. Laurence Terrier Aliferis : L’Église et la Synagogue du portail de Strasbourg : au plus près de l’Antiquité. Entrée libre.