Le 7 janvier 2026, Donald Trump a remis la Défense au cœur du débat budgétaire aux USA. L’ancien président propose de porter les dépenses militaires à un niveau jamais atteint, en invoquant un environnement international instable. Mais derrière cette ambition affichée, les chiffres publiés par des organismes spécialisés révèlent une trajectoire financière bien plus coûteuse qu’annoncé.
Défense : une hausse budgétaire massive aux effets immédiats
La proposition de Donald Trump repose sur un chiffre clé : 1 500 milliards de dollars pour le budget de la Défense en 2027. Soit une hausse spectaculaire par rapport aux 901 milliards de dollars votés pour 2026, environ 830 milliards d’euros, selon AP News. Cette progression représente une augmentation d’environ 50 % en un an, un niveau rarement observé dans l’histoire budgétaire américaine.
Cette hausse du budget de la Défense est présentée comme indispensable pour moderniser l’arsenal militaire, renforcer la dissuasion et répondre aux tensions géopolitiques. Toutefois, au-delà du discours stratégique, le coût immédiat de cette décision pose question. En effet, une telle expansion des dépenses implique mécaniquement un recours accru à l’endettement fédéral, dans un contexte où les finances publiques des USA sont déjà sous pression.
Défense et dette : l’addition réelle du Budget de Trump selon le CRFB
L’analyse la plus détaillée provient de la Committee for a Responsible Federal Budget. Selon cet organisme indépendant, le plan de Défense proposé par Donald Trump entraînerait environ 5 000 milliards de dollars de dépenses supplémentaires sur la période allant jusqu’en 2035, soit près de 4 600 milliards d’euros. Cette estimation, relayée par Fortune, repose sur une projection des trajectoires budgétaires actuelles.
Mais le CRFB insiste surtout sur un élément souvent sous-estimé : le coût des intérêts. En intégrant le financement par la dette, l’impact total sur les finances publiques atteindrait 5 800 milliards de dollars, soit environ 5 330 milliards d’euros. « Le plan augmenterait les dépenses de défense de 5 000 milliards de dollars d’ici 2035 et ajouterait 5 800 milliards de dollars à la dette nationale une fois les intérêts pris en compte », indique l’organisation.
Une fragilisation de l’équilibre budgétaire américain
Donald Trump affirme que de nouvelles recettes, notamment issues de droits de douane, pourraient compenser une partie de la hausse du budget de la Défense. Toutefois, cette hypothèse est largement contestée. Selon Reuters, un analyste de Moody’s Ratings juge « hautement improbable » que ces recettes suffisent à absorber un tel choc budgétaire. Cette analyse souligne que l’essentiel du coût serait financé par un creusement du déficit.
Cette dynamique a un effet direct sur les intérêts de la dette fédérale. Plus les USA empruntent, plus la charge financière future augmente, réduisant les marges de manœuvre budgétaires. Dans un contexte où la dette américaine dépasse déjà 38 000 milliards de dollars début janvier 2026, la Défense devient un facteur central de vulnérabilité financière.
Ainsi, au-delà de l’annonce politique, le plan de Donald Trump pose une question structurelle : jusqu’où les USA peuvent-ils accroître leur budget de Défense sans provoquer une spirale durable de coût et d’intérêts ? Les marchés, les agences de notation et le Congrès devront trancher.