Comme à Glasgow lors de la deuxième journée de Champions Cup, et comme ce fut le cas à plusieurs reprises en Top 14 à l’extérieur, le Stade toulousain a traversé un gros temps faible aux Saracens dimanche. Onze minutes durant lesquelles il a encaissé trois essais. Une fâcheuse tendance qu’il faudra gommer pour la suite de la saison.

Lors de son passage en conférence de presse, après la victoire contre La Rochelle le 28 décembre dernier, Antoine Dupont avait évoqué les ambitions de son équipe pour les semaines décisives qui se présentaient. Et il avait clairement pointé un axe de progression à l’extérieur, là où le Stade toulousain s’est parfois montré moins serein depuis l’entame de l’exercice. Là où, surtout, il a connu de gros trous d’air qui lui ont été fatals. Le demi de mêlée international notait ainsi qu’il arrivait trop souvent aux Rouge et Noir de « craquer en deuxième mi-temps » loin de leurs bases et de « perdre les bras de fer ». Il ajoutait même : « C’est avant tout une question d’état d’esprit. » Référence aux déplacements à Bayonne, à Pau ou encore à Glasgow évidemment, quand le triple champion de France s’était incliné en Écosse (28-21) après avoir mené de vingt-et-un points à la pause. Et si la muraille s’était encore fissurée à Perpignan il y a neuf jours, en encaissant deux essais dans les dernières minutes, l’équipe était fortement remaniée et les cadres au repos en vue du déplacement aux Saracens.

Dupont : « Cela s’est répété plusieurs fois »

Le hic ? Il est que, lors de ce rendez-vous décisif pour son avenir en Champions Cup, Toulouse a une nouvelle fois connu une baisse de régime fatale. Pas en fin de rencontre, mais durant les douze dernières minutes de la première mi-temps. « Le scénario est différent de ce que l’on a pu connaître et de ce que j’avais évoqué, soulignait Dupont après le match. Mais, dans les matchs où on sent que ça ne va pas être simple, on n’arrive pas à hausser notre niveau de jeu et notre intensité pour pouvoir l’emporter. Cela s’est répété plusieurs fois depuis le début de la saison, donc il va falloir être capable de se regarder, de se dire les choses, de savoir pourquoi on n’y arrive pas. »

Pourtant souverains durant près d’une demi-heure, avec cette faculté à imposer de longues séquences à son adversaire face au vent récompensée par un essai de Blair Kinghorn, les hommes d’Ugo Mola ont totalement perdu le fil après un coup de pied contré de Dupont, entraînant un essai anglais quelques secondes plus tard. Un grain de sable, aux lourdes conséquences… « À partir de ce ballon contré, on a eu du mal à sortir du camp et on s’est retrouvé un peu coincé, regrettait le manager. Il devait rester dix ou douze minutes, durant lesquelles on a fait des fautes et on a commencé à entrevoir notre faiblesse ou notre fragilité. En tout cas, notre incapacité à tenir suffisamment le ballon. »

Mola : « On craque un peu vite »

En effet, à compter de cet instant, les Toulousains n’ont pas su retrouver la maîtrise qui était la leur. Plus de possession et, pire, des failles défensives. « Après le premier essai, on a eu une baisse d’énergie, avouait Dupont. Défensivement, on a été trop laxistes sur cette deuxième partie de mi-temps, ce qui leur permet de marquer des points trop facilement. » Trois essais au total. « Il y en a au moins un de trop pour rivaliser, disait Mola. Il me semble qu’on craque un peu vite, c’est évident. Mais je ne vois pas un secteur plus déficient qu’un autre. C’est un tout. » Et c’est beaucoup trop contraignant face de à tels adversaires. « On ne parvient pas à battre les équipes qui prétendent aller loin dans la compétition, pestait Dupont. Ce sont les mêmes joueurs qui ont gagné les années précédentes, donc il n’y a pas de raison qu’on n’en soit plus capables. » Mais, pour y parvenir, il faudra gommer cette fâcheuse tendance à encaisser trop de points sur des laps de temps très courts.