Insécurité réelle ou effet de loupe ? Invité sur le plateau de franceinfo ce lundi matin, le maire sortant Benoît Payan a dénoncé un « Marseille bashing » alimenté, selon lui, par les médias et l’extrême droite. Le candidat à sa réélection demande par ailleurs plus de moyens à l’État pour faire face au narcotrafic.

Le maire de Marseille était notamment interrogé ce lundi matin sur l’assassinat de Mehdi Kessaci – le frère du militant Amine Kessaci – ou sur la situation des salariés d’Orange, qui ont été contraints de quitter leurs locaux du IIIe arrondissement en raison de la présence de narcotrafiquants.

« Le Marseille bashing ça suffit. Maintenant, vous arrêtez de taper de manière systématique sur cette ville », s’est emporté Benoît Payan face à Agathe Lambret et Paul Larrouturou. « Je n’accepte pas que d’un regard extérieur, on fasse de cette ville la pire ville de France », a-t-il insisté, tout en reconnaissant de réels problèmes d’insécurité.

« S’il n’y avait pas de problèmes, vous pensez que j’aurais doublé la police municipale, que j’aurais demandé des renforts de magistrats, de procureurs de douaniers ? », a-t-il admis.

« Chicago dans les années 1980 »

Mais selon lui, ces problèmes sont exacerbés à la fois par les médias et par l’extrême droite. « Quand (les Marseillais) vous écoutent, quand ils nous écoutent, ils n’ont qu’une seule envie c’est de se replier sur eux-mêmes, d’avoir peur, de penser qu’ils vivent dans une ville qui ressemble à Chicago dans les années 1980. Quand on érige chaque fait divers comme une grande actualité, on prend peur et c’est normal », a-t-il regretté.

« Cette peur trouve refuge dans le Rassemblement national », a estimé le candidat de gauche. D’après un sondage Ipsos BVA pour La Marseillaise publié ce week-end, Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national (RN) Franck Allisio font jeu égal avec 30 % des intentions de vote.

Benoît Payan dénonce également un manque de soutien de l’État face à cette situation. « Pour notre part, on a doublé la police municipale sur les six dernières années. Mais personne ne peut faire croire que la police municipale peut se substituer à la police nationale », a affirmé celui qui occupe le poste de maire depuis la démission de Michèle Rubirola fin 2020. Selon lui, seulement « 40 policiers nationaux circulent la nuit à Marseille ».

« Je n’ai cessé de demander aux gouvernements successifs des renforts de police (…). Peut-être que si on avait des moyens de l’État très forts, on n’en serait pas là », a encore déclaré l’élu local.

Pas d’alliance avec LFI

S’il condamne le RN, Benoît Payan réaffirme également ses divergences avec la France insoumise (LFI). « Il y a une différence de méthode, une différence d’approche et plus les choses vont, plus il y a une différence de valeurs. Il y a des choses que je ne laisserai jamais passer », a affirmé le maire de Marseille.

Quant à l’hypothèse d’une alliance avec le candidat insoumis Sébastien Delogu au second tour, elle semble définitivement écartée. « Quand on décide de diviser, comme l’a fait Sébastien Delogu, on doit en assumer la responsabilité », a considéré Benoît Payan.

Depuis son entrée en campagne, Sébastien Delogu multiplie les polémiques. Lors d’un meeting de campagne début décembre, il avait notamment déclaré « la police tue ». Une sortie dénoncée par Benoît Payan, selon qui un candidat à la deuxième ville de France ne devrait pas tenir de tels propos.