Les membres du collectif AutreCOM entendent interpeller les candidats aux élections municipales sur la question de ce tronçon routier. (« Le Poing »)
Ce lundi 12 janvier, le collectif AutreCOM a organisé une conférence de presse pour dénoncer “l’illégalité” de l’autorisation environnementale permettant la réalisation du Contournement Ouest de Montpellier signée en octobre dernier. Alors que les fouilles d’archéologie préventive commencent sur le chantier de ce tronçon reliant Saint-Jean-de-Védas à Juvignac, le collectif, qui plaide pour une alternative moins polluante à cette réalisation, annonce le dépôt d’un nouveau recours
L’année 2026 commence fort pour le collectif autreCOM. Le 7 janvier, les militants en faveur d’une alternative au contournement ouest de Montpellier ont déposé un nouveau recours juridique pour contester l’autorisation environnementale permettant le début des travaux de ce tronçon routier reliant Saint-Jean -de-Védas à Juvignac, signée le 30 octobre dernier par le préfet de l’Hérault.
“Ce document confirme que c’est un projet autoroutier, car il fait mention d’une bande d’arrêt d’urgence en plus de la deux fois deux voies”, affirme Céline Scornavacca, porte-parole du collectif AutreCOM. Selon elle, cette réalisation ferait augmenter la pollution à l’ouest de la Métropole de Montpellier. “La population locale a été dupée par la communication agressive de Vinci”, ajoute-t-elle, évoquant notamment un sondage dithyrambique, publié sous forme de publi-reportage dans les colonnes de la Gazette de Montpellier par le géant autoroutier.
Une autorisation environnementale illégale ?
Selon le collectif, l’autorisation environnementale signée par François-Xavier Lauch, ancien préfet de l’Hérault et fervent défenseur du projet, serait illégale. Jean-Michel Hélary, membre de l’association SOS Lez Environnement, explique : “Pour justifier par dérogation de la destruction de l’environnement d’une espèce protégée, ce que fait cette autorisation environnementale, il faut pouvoir prouver qu’il n’y a pas d’alternative possible. Et dans l’étude environnementale du COM , il y a des variantes du projet sur le tracé, mais pas sur les caractéristiques de l’équipement, notamment sur la vitesse autorisée. Par exemple, la limiter à 70 km/h au lieu de 90. Ce point avait déjà été relevé par la commission d’enquête pendant la déclaration d’utilité publique en 2020.” Or, selon le collectif, un document rédigé en 2023 par le ministère des Transports fait état d’une alternative possible, que l’autorisation environnementale ignore. “Nous allons demander à la justice de trancher ce point “, affirme Jean-Michel Hélary.
Christine Rouot, membre de Vélocité, dénonce quant à elle la “faiblesse de l’étude d’impact” : “Ce projet autorise la destruction d’espaces naturels et forestiers où vivent des espèces protégées comme la loutre d’Europe ou la Chevêche d’Athéna [une chouette, ndlr], mais l’étude d’impact manque de mesures d’évitement et de compensation qui permettraient de limiter l’impact environnemental pour ces espèces.”
Fouilles préventives
Ce début 2026 marque le début des fouilles préventives sur le tracé du COM, avant un début du chantier en 2027. Mais pour le collectif, ces travaux, considérés comme “lourds”, peuvent déjà être considérés comme une “préparation du chantier lui même”, et “placent les riverains devant le fait accompli”. Riverains qui auraient déposé une plainte au pénal pour construction illégale sur un terrain qui n’aurait pas été prévu sur le tracé.
De son côté, Gaspard Drillot, membre du Groupement National de Défense des Arbres (GNSA), déplore l’abatage d’arbres sur le tracé alors que les fouilles n’avaient pas encore commencé. “C’est le seul dossier que l’on suit où l’on observe cela, sur l’A69, les arbres n’avaient pas été coupés avant les fouilles.” Des abattages d’autant plus problématiques, selon lui, qu’ils sont réalisés en pleine période d’hibernation pour plusieurs animaux, notamment les chauves-souris. Le collectif demande donc “une transparence sur les diagnostics archéologiques afin qu’ils soient limités et le contrôle effectif de ces fouilles par les services de l’État.” Les militants ont d’ailleurs rédigé des courriers à la préfète de l’Hérault, a la DREAL, (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et au service régional d’archéologie de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) au sujet d’une éventuelle convention qui autoriserait Vinci à commencer le débroussaillage des arbres, sans réponse claire pour l’instant.
Interpeller les candidats aux municipales
A deux mois des élections municipales, les militants d’AutreCOM entendent également interpeller les candidats aux élections sur Montpellier, Juvignac et Saint-Jean-de-Védas pour connaître leur position sur ce projet routier. Céline Scornavacca précise : “Nous voulons voir s’ils peuvent être d’accord avec nous sur deux points : ne pas toucher à l’échangeur nord, car c’est lui qui aurait l’impact environnemental le plus fort en cas des travaux à cause de la construction d’un viaduc, et réduire la taille de la route en supprimant la bande d’arrêt d’urgence pour revenir à une deux fois deux voies limitée à 70 km/h. Cela permettrait de générer moins de bruit et de pollution.”
Quant à Michaël Delafosse, actuel maire de Montpellier pas encore officiellement candidat à sa ré-élection, il a affirmé la semaine dernière dans une interview accordée à Hérault Tribune que “ce projet se fera”. “Cette affirmation est violente”, réagit Céline Scornavacca, qui dénonce un “déni de démocratie”
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