Porte close et répondeur téléphonique en boucle toute la journée, ce lundi 12 janvier, au CMSI d’Essey-lès-Nancy. Les professionnels de santé du Centre médical de soins immédiats (20 médecins et autant d’infirmiers), assurant quelque 170 à 180 consultations quotidiennes actuellement, ont en effet cessé le travail, à l’instar de nombre de leurs confrères partout en France. Engagé la semaine dernière par les médecins libéraux, le mouvement de grève et de contestation se durcit en effet, le secteur privé emboîtant même le pas. Une colère née de la nouvelle loi de financement de la sécurité sociale.
« On souhaite que le gouvernement retrouve la raison, agisse pour le peuple et pour les patients et non pas pour des raisons électoralistes », déplorait ce lundi après-midi Loïc Libot, médecin urgentiste à l’origine de ce CMSI, une structure ayant d’ailleurs essaimé dans d’autres villes de France.
Garantir une qualité de soins
Annonçant ce lundi sa fermeture sur sa page Facebook, le CMSI (créé en 2012 et agissant comme une alternative aux Urgences du CHRU) expliquait précisément que cette « décision difficile (NDLR : de fermer) fait suite au silence des autorités de tutelle malgré une mobilisation historique. Nous nous battons aujourd’hui pour : garantir la qualité et la sécurité de vos soins, actuellement menacées par des mesures coercitives et un manque d’anticipation des pouvoirs publics ; pour préserver un système de santé de proximité, loin d’une régulation étatique totale qui met votre prise en charge en péril ; et pour redonner du sens à notre profession pour que les soignants de demain puissent continuer à vous accueillir dans des conditions dignes ».
« On a l’impression d’être méprisés »
Juste avant de se réunir avec ses collègues en soirée pour décider d’une éventuelle reconduction de cette grève ce mardi (voire ce mercredi), Loïc Libot soulignait encore : « On ne peut pas régler 30 années de déshérence budgétaire en instrumentalisant les médecins et en leur demandant de faire la police. C’est au gouvernement et aux instances d’organiser des contrôles s’il y a des abus, par exemple en termes d’arrêts de travail. Là, les professionnels de santé ont l’impression d’être méprisés, et avec cette stratégie de la carotte et du bâton, le gouvernement risque de provoquer l’effondrement de la médecine libérale. Et par ricochets, de tout le système puisque l’hôpital, derrière, devra absorber l’activité. »
Ce dimanche, après avoir acté leur grève, les soignants du CMSI avaient prévenu les Urgences du CHRU des conséquences potentielles, à savoir un afflux supplémentaire de patients.