- Depuis ce lundi, Lille (Nord) interdit sa célèbre Grand’Place aux voitures.
- Jusqu’à présent, 4.000 à 5.000 y circulaient chaque jour.
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Initiatives environnementales
Les travaux ont commencé tôt ce lundi matin sur la Grand’Place de Lille. « On retire tous les potelets avec un retire-tube afin de pouvoir libérer l’accès aux piétons », nous explique un employé municipal. Il y a 200 poteaux à enlever pour supprimer cette voie réservée aux voitures. L’emblématique place Charles-de-Gaulle appartient désormais aux piétons. « Je vais découvrir, parce que je l’ai toujours connue routière. C’est génial ! Je pense que je n’aurai plus à regarder à droite et à gauche pour traverser », plaisante une Lilloise. « C’est moins dangereux quand je rentre des cours pour aller à la gare. En général, on esquive un peu les voitures », lance un autre.
L’opération crée des embouteillages. Certains automobilistes sont étonnés de devoir contourner cet axe qu’ils empruntaient quotidiennement. Ça sera constamment piétonnisé. « C’est ma route tous les matins. C’est super, encore une bonne nouvelle (…) Je vais devoir faire le grand tour et c’est déjà assez bouchonné », se plaint un automobiliste. Seuls les camions de livraison et les riverains pourront encore accéder au parvis grâce à des bornes automatiques bientôt installées.
Jusqu’à 5.000 véhicules par jour empruntent cette voie, encore accessible dimanche soir. Un chauffeur VTC que nous avons rencontré craint des trajets bien plus longs pour récupérer ses clients. « On va aller faire le tour, on va faire au moins 5-6 km pour récupérer les clients. C’est gênant pour nous », déplore-t-il.
Pourtant le maire (PS) l’assure, l’objectif n’est pas de bannir la voiture de la ville. « Il y a 10 parkings dans un périmètre de 10 minutes à pied autour de la Grand’Place. Donc, jamais la voiture ne sera exclue de la ville. Moi je pense qu’on en a besoin de la voiture, mais il faut la remettre à sa juste place », explique Arnaud Deslandes.
Les grands gagnants de ce projet sont aussi les commerçants. Une fois les poteaux retirés, Hichaem Ben Nasr, co-gérant du Bibi’s Café, espère pouvoir agrandir sa terrasse de quelques mètres. « L’idéal ce serait de pouvoir rajouter encore un parasol éventuellement. Le but c’est quand même, moi je pense à ça avec d’autres commerçants, c’est de dynamiser la place. Ça serait vraiment bien », nous confie-t-il.
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Il y a deux ans, à Rennes, la place du Champ-Jacquet a elle aussi été piétonnisée. Quatre millions d’euros de travaux ont été nécessaires pour interdire l’accès aux voitures, élargir les trottoirs et remplacer un parking par des espaces verts. « Ils ont mis des petits parterres, c’est très joli. Très beau, très bien, très calme. Beaucoup plus agréable », confie un passant.
C’est aussi la conclusion de Guirec Foucault, propriétaire du bar Le Fief. « Avec la piétonnisation, c’est le jour et la nuit. De toute façon, on voit bien qu’il y a plus de passages, et il y a plus de gens qui restent ou qui s’installent aussi. C’est moins devenu juste un axe de passage », atteste-t-il. Depuis la fin des travaux, il estime que son chiffre d’affaires a augmenté d’au moins 10%.
La rédaction de TF1info | Reportage Manon DEBUT, Manon MODICOM, Thierry CHARTIER
