Pour les élections municipales en mars 2026, l’écologiste Stéphane Baly est le principal adversaire à gauche du maire sortant PS de Lille (Nord), ville de près de 240 000 habitants. Dans ce bastion socialiste depuis 1995, les écologistes avaient perdu à 227 voix près aux dernières élections municipales, en 2020.
Pour favoriser sa succession, la grande figure locale, Martine Aubry, a démissionné en mars 2025, un an avant le scrutin. Elle s’est mise ainsi en retrait pour faire émerger son poulain, Arnaud Deslandes, actuel maire.
Porté par l’ancien score des écologistes, Stéphane Baly espère cette fois ravir la victoire : « Ce que je propose, finalement, c’est de retrouver l’enthousiasme et la mobilisation, d’apporter un nouveau souffle pour la ville. C’est le constat, aujourd’hui, d’une ville qui est un peu à l’arrêt. On a un candidat qui a accompagné Martine Aubry sur les quatre mandats. Finalement, c’est son cinquième mandat. »
« Sa tête ne me dit rien du tout »
Pour toucher un maximum d’électeurs, le candidat écolo et ses militants multiplient les opérations porte-à-porte. Sur le palier d’un immeuble, des militants montrent leur programme à Monique, une habitante : « Donc là, ce sont nos premières mesures pour la solidarité. C’est Stéphane Baly, je ne sais pas si vous l’avez déjà identifié. Il était candidat en 2020. » Si Monique ne le reconnaît pas – « sa tête ne me dit rien du tout » – elle ne connaît pas bien l’actuel maire non plus : « Ça se finit par -landes ou quelque chose comme ça. Arnaud Deslandes, oui voilà ! »
Comme cette résidente, beaucoup de Lillois ne connaissent pas le nom de celui qui a hérité de la mairie, il y a dix mois. Après avoir débuté comme stagiaire de Martine Aubry, il a gravi les échelons. « J’assume l’héritage politique de Martine Aubry, déclare-t-il. Je revendique ce qu’elle a pu faire pour cette ville, notamment pour garder notre cohésion dans notre ville, alors : changement de style, mais pas changement de cap ! »
Ces jours-ci, le maire met les bouchées doubles pour se faire un nom, « par des mesures qui assurent la transformation de la ville, je pense notamment à la piétonnisation de la Grand’Place, dit-il, et puis en étant là, chaque jour, sur le terrain, auprès des Lillois, à l’écoute ». Mais ce maire se concentre uniquement sur le centre-ville, critique son adversaire insoumise, Lahouaria Addouche. « Les socialistes ont rendu la ville invivable, surtout aux habitants des quartiers populaires, dénonce-t-elle. Nous, ce que nous disons, c’est qu’il faut tourner la page des notables socialistes qui sont complètement déconnectés des habitants ».
À droite, haro sur l’insécurité
Face à la division de la gauche, une autre ancienne collaboratrice de Martine Aubry espère tirer son épingle du jeu : Violette Spillebout, actuellement députée du Nord et conseillère municipale de Lille. Discrète sur son appartenance au parti présidentiel, Renaissance, elle dénonce deux échecs de l’équipe sortante : la pauvreté et l’insécurité. « Ça fait 25 ans que Martine Aubry, puis Arnaud Deslandes, sont aux manettes, énonce-t-elle, et aujourd’hui, on est dans la troisième ville la plus dangereuse de France. Je crois que la sécurité est prioritaire. Ça passe nécessairement par des moyens importants ».
Davantage de présence policière et plus de caméras, c’est aussi l’une des priorités des deux autres candidats à droite : le tout jeune Louis Delemer, des Républicains, et Matthieu Valet, du Rassemblement national. Ce dernier est d’ailleurs un ancien commissaire qui développe ce slogan : « Qui mieux qu’un policier pour rétablir l’ordre à Lille ? »