Nos yeux vers l’Iran. Le régime islamique a coupé le réseau téléphonique et internet. » « Internet coupé = liberté volée. »

Dimanche après-midi, place Stanislas, une soixantaine de personnes sont venues exprimer leur soutien à la population iranienne et s’élever contre les coupures des moyens de communication dans le pays depuis le 8 janvier. Coupures qui n’empêchaient pas, toutefois, l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, de menacer Donald Trump en publiant sur le réseau X un message à l’attention du président américain.

Depuis le 28 décembre, la contestation enfle en Iran, initialement pour dénoncer la hausse du coût de la vie, les difficultés économiques et sociales avant que les revendications n’évoluent sur un terrain plus politique.

Face à ces contestations qui secouent tout le pays, les autorités iraniennes ont décidé de couper Internet et les réseaux téléphoniques afin de tenter de contrôler la révolte et l’isoler du monde extérieur. La répression des manifestants qui défilent contre le régime de cette République islamique proclamée en 1979, se fait dans le sang avec de nombreux mort. L’ONG Iran Human Rights évoquait, dimanche, la mort d’au moins 192 manifestants mais le décompte pourrait être encore beaucoup plus sombre.

« J’ai été contactée par le gouvernement iranien »

« J’ai toujours de la famille en Iran mais je ne peux plus m’y rendre de peur que mon passeport soit confisqué par les autorités en arrivant sur place », confie cette Iranienne mariée à un Nancéien et présente dimanche sur les pavés de la place Stanislas.

« Il est important que le monde sache ce qu’il est en train de se passer car là-bas, le peuple est privé de moyens de communication. Je n’arrive plus à joindre les miens depuis cinq jours », poursuit celle qui a exercé en Iran pendant 10 ans en tant que photographe. Par sécurité, la jeune femme souhaite garder l’anonymat et ne publie plus sur ses réseaux sociaux. « À deux reprises, j’ai été contactée par le gouvernement iranien pour me demander pourquoi je travaillais contre lui en postant des photos… »

À Nancy, à plusieurs milliers de kilomètres de Téhéran, au pied du sapin de Noël, la crainte prenait corps derrière des masques chirurgicaux, des pancartes ou encore un drapeau. Pas celui officiellement en vigueur dans le pays. Celui d’avant la révolution de 79, avec un lion au premier plan, un soleil et une couronne.